Selon un quotidien britannique, les conditions de travail sur les chantiers du Qatar seraient inhumaines pour les ouvriers immigrés. Pas moins d'une quarantaine de Népalais auraient trouvé la mort au cours de l'été tandis qu'une trentaine se serait réfugiée dans leur ambassade, dénonçant du travail forcé.

Les conditions de travail des ouvriers immigrés sur les chantiers qataris seraient proches de l'esclavagisme, selon les journalistes du quotidien anglais The Guardian. D'après leurs sources, au moins 44 travailleurs népalais seraient décédés sur des chantiers de l'émirat entre le 4 juin et le 8 août de cette année, notamment sur "un projet d'infrastructure majeur en vue de la Coupe du monde de football 2022", même si les travaux liés directement à l'événement n'ont pas encore débuté. Les ouvriers auraient succombé à des crises cardiaques et des accidents du travail, sur des chantiers où ils seraient privés d'eau potable gratuite malgré les températures excessives. Une trentaine de travailleurs auraient trouvé refuge dans l'ambassade de leur pays, à Doha, et dénoncé des cas de travail forcé, sans paiement, et de confiscation de leurs passeports.

 

Abolir le système du "kafala"
Les documents consultés par "Anti-slavery International" seraient édifiants et "révélateurs d'un environnement de travail brutal (…)". Selon Aidan MacQuaid le directeur de l'ONG, ces cas de travail forcé ne seraient pas réellement un secret "mais il n'y a pas d'effort concerté de la part des autorités qataries pour y mettre fin". Le comité organisateur de la Coupe du Monde 2022 s'est pourtant déclaré "profondément préoccupé" par les accusations formulées. L'ONG appelle les autorités locales à "mettre fin au système du kafala", cette procédure de parrainage obligatoire par un employeur pour les travailleurs immigrés. Ces derniers se retrouvent le plus souvent dépouillés de leurs papiers et de leurs droits une fois sur place. Il leur est alors impossible de revendiquer un salaire minimum ou une représentation syndicale.

 

La capitale de l'émirat, Doha, s'est lancée dans un colossal programme d'infrastructures, notamment dans le domaine des transports, avec la construction d'un aéroport international, d'un port en eaux profondes, d'un pont routier et d'un réseau de métro comportant quatre lignes d'ici à 2018. De nombreuses entreprises occidentales participent à ces chantiers, comme l'espagnol OHL, le français Vinci et l'autrichien Porr. Les investissements totaux s'élèveraient à 50 Mrds €, sans compter la facture pour la dizaine de stades à construire ou à rénover.

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