Valoriser le matériau, apporter de l'information, sensibiliser professionnels et particuliers : c'est la volonté de la première Fédération des professionnels de l'ardoise naturelle qui vient de se constituer à l'initiative de Jean-Claude Tisseyre et de producteurs espagnols.

Il n'y a quasiment plus d'ardoisières en France, depuis la fermeture de celle d'Angers il y a quelques mois. Cependant, l'Hexagone reste l'un des plus gros consommateurs d'ardoise naturelle, avec environ 200.000 tonnes annuelles.

 

A ce jour, l'essentiel de la production provient des carrières d'Espagne. « Mais l'essentiel n'est pas le pays d'origine du matériau, mais le matériau lui-même », nous explique Jean-Claude Tisseyre, président de la nouvelle Fédération des professionnels de l'ardoise naturelle (FPAN), créée en septembre 2015. Ses objectifs sont clairs : valoriser la couverture traditionnelle française, accompagner les couvreurs dans l'exercice de leur art, sensibiliser les professionnels et le grand public aux avantages du matériau. Un matériau bio-sourcé, inaltérable, qui s'intègre aux projets même les plus modernes, tant en couverture qu'en façade.

 

Repérer le « vrai » matériau

 

La mission de la FPAN sera aussi d'informer, via un nouveau site Internet : d'abord en établissant un tableau de bord de la consommation d'ardoise naturelle en France afin d'en dégager les grandes tendances en termes d'enveloppe pour le bâtiment ; réaliser des études, notamment sur la perception qu'ont les Français de ce matériau ; informer régulièrement sur les aspects techniques, les avancées technologiques des systèmes constructifs intégrant l'ardoise. « Il est essentiel que l'on distingue bien l'ardoise naturelle des autres produits qui lui ressemblent comme l'ardoise fibro-ciment ou l'ardoise de synthèse », ajoute le président de la FPAN. L'ardoise naturelle doit être choisie en connaissance de cause, clame-t-il. Et de balayer les idées reçues. Notamment celle sur le prix du matériau. « Certes il y a un surcoût, de l'ordre de 10 à 15%. Mais cela reste un produit accessible, qui n'est malheureusement pas exploité à cause d'une méconnaissance », reconnaît-il.

 

Essor en rénovation

 

Matériau méconnu, mais assez utilisé quand même. En France, 14% des toits en pente sont actuellement en ardoise. Et l'on va vers des évolutions architecturales, notamment avec l'émergence des toitures plates, en maisons individuelles. Ou encore vers des applications en façade. Cependant, la rénovation reste le marché le plus porteur pour l'ardoise (80%).

 

L'ardoise naturelle a donc encore un bel avenir, pour peu que la tradition perdure et s'adapte aussi aux constructions de demain.

 

La FPAN en chiffres
50 producteurs
90 carrières d'extraction d'ardoises naturelles
800.000 tonnes d'ardoise produites en 2014, dont environ 200.000 t pour la France

actionclactionfp