PROFESSION. Lancée en 2018, une étude portant sur l'amélioration des conditions de travail des carreleurs vient de publier ses résultats. Les pistes avancées vont de la méthodologie de travail aux équipements, en passant par la contribution des fabricants de matériels.

De premières pistes pour améliorer les conditions de travail des carreleurs viennent d'être rendues publiques. Cette réflexion est le fruit d'une étude lancée en 2018 par les Métiers de la maçonnerie et du carrelage de la Capeb (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment), l'Iris-ST (Institut de recherche et d'innovation sur la santé et la sécurité au travail) et l'OPPBTP (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics), avec pour objectif de dresser un état des lieux des problématiques d'approvisionnement et de pose au sol.

 

 

En partant du principe que l'évolution des techniques, des matériaux et des attentes des clients comme des architectes ont transformé le métier de carreleur au cours des dernières années, l'analyse s'est notamment penchée sur les dimensions des carreaux désormais mis en oeuvre pour les revêtements de sols et de murs, qui peuvent atteindre respectivement jusqu'à 120 x 120 cm et 120 x 300 cm. "Du fait de leur encombrement et de leur poids, ces nouveaux formats sont à l'origine de nouvelles exigences et de contraintes physiques pour les carreleurs, tant en phase de manutention pour approvisionner le lieu de la mise en oeuvre que lors de la pose des carreaux", note un communiqué commun aux trois organisations.

 

L'augmentation de la taille des carreaux engendre plus de contraintes physiques

 

Un constat qui a mis en lumière les difficultés rencontrées par les professionnels, et donc le besoin de trouver des solutions facilitant la mise en oeuvre tout en garantissant la qualité du résultat final. Robotile, Probst et Raimondi, trois fabricants de matériels adaptés à la pose de carreaux de grands formats, se sont associés à ces travaux de recherche qui se sont conclus l'année dernière. Une étude de terrain a ainsi été menée avec un ergonome de l'OPPBTP sur deux chantiers de rénovation, l'un dans une pièce en étage d'environ 30 m² dans un logement collectif ancien, l'autre dans un bâtiment ancien de type maison individuelle de plain-pied et d'une superficie en rez-de-chaussée d'environ 110 m².

 

"Les observations du travail et les entretiens réalisés avec les opérateurs, puis l'analyse de ces données ont permis de déterminer que la mise en oeuvre de carreaux de grands formats engendre des sollicitations physiques, des postures contraignantes et des efforts supplémentaires à tous les stades du chantier : approvisionnement, découpes, mise en oeuvre, reprise et rattrapage", résume le communiqué. Lequel fait également mention "de nouvelles exigences techniques et de qualité de la réalisation (besoin amplifié de précision d'alignement, défauts de planéité davantage visibles)".

 

Disposer d'équipements adaptés aux produits

 

Dans la foulée, l'étude a recensé les équipements existants permettant de faciliter le travail des carreleurs, des configurations de chantiers, des contraintes de sites, des matériaux posés et des matériels employés. Sur la base de ces informations, les auteurs ont identifié les outils "susceptibles d'alléger la charge physique pour les carreleurs" dans les catalogues des fabricants.

 

 

Cette liste a ensuite été soumise à évaluation sur des chantiers d'entreprises volontaires courant 2021. Des points forts, des limites et des propositions d'amélioration ont alors été communiqués aux industriels. "Certaines modifications ont déjà abouti et d'autres restent en cours", assurent la Capeb, l'Iris-ST et l'OPPBTP.

 

Mais l'étude ne s'est pas arrêtée là. Le fait de disposer d'équipements adaptés aux produits, et particulièrement à leurs dimensions, a aussi été mis en lumière : y recourir diminue les contraintes physiques liées à la manutention et la manipulation des carreaux. De nouvelles dispositions de prévention en ce sens ont donc été intégrées aux Cahiers de prescriptions techniques. Cependant, ces outils restent majoritairement utilisés pour la pose, et très peu pour l'approvisionnement. Un "axe de travail" qui "reste à approfondir" pour l'ensemble des métiers du second-oeuvre.

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