Fuir ses responsabilités, y aller par quatre chemins ou brouiller les pistes n'est jamais une bonne idée, notamment pour les pouvoirs publics.
Alain Grizaud, le président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) réélu ce 11 juin, l'a rappelé aux représentants de la classe politique à quelques mois de l'échéance présidentielle : il n'est plus temps des bonnes paroles, il faut des engagements et des actes.
"Nous voulons faire de l'investissement dans les infrastructures et des choix qui engageront le pays un enjeu majeur du débat présidentiel. Parce qu'il n'y aura ni solidarité, ni réindustrialisation, ni transition écologique réussie sans investissement. Parce qu'il n'y aura pas davantage de territoires attractifs, connectés et résilients, sans infrastructures modernes et adaptées aux défis du XXIe siècle" Alain Grizaud, président de la FNTP, le 11 juin 2026
Qu'importe les moyens d'avancer, pourvu qu'on ait des routes ! Au sens figuré, comme au sens propre. Et pour ces dernières, il nous en faut en bon état ou encore mieux, décarbonées. Et pour que notre société continue sa route dans de bonnes conditions, il nous faut aussi des ponts, des réseaux d'énergie et d'eau, et du réseau (numérique) tout court...
Les retards dans la maintenance et la réhabilitation des infrastructures s'accumulent et avec eux, la "dette grise" que porteront les prochaines générations. "Notre profession doit continuer à regarder loin devant. Nous devons rester rassemblés, défendre nos entreprises avec détermination et rappeler sans relâche que les travaux publics ne sont pas une variable d'ajustement budgétaire," a encore martelé Alain Grizaud. Il est donc temps d'arrêter de passer sa route : un jour nous n'arriverons plus à passer entre les gouttes.
Les acteurs du BTP dans leur ensemble sont essentiels à notre société. Et ce n'est pas le président de Colas France qui dira le contraire. Dans un contexte économique tendu pour les travaux publics, Thierry Méline l'a même démontré en détaillant sa stratégie lors d'une conférence ce 11 juin. Colas est un groupe à multiples casquettes avec pour point commun l'environnement : non pas seulement constructeur routier, il investit en effet les secteurs de l'aménagement paysager, le recyclage des matériaux, la gestion des catastrophes naturelles et la gestion de l'eau.
Par ailleurs, nous avons encore pris plusieurs fois la route cette semaine, pour vous emmener au plus près de chantiers parfois exceptionnels, à l'image du lot 17-3 du Grand Paris express sous l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, mais aussi au coeur d'une carrière XXL à ciel ouvert, ou encore dans une usine de briques. Car c'est sur le terrain que se dévoilent les savoir-faire, la technicité, la recherche et l'innovation dont notre secteur peut être fier.
Quel meilleur exemple, s'il en fallait encore un, que celui de la Verrerie de Saint Just, qui fête cette année ses deux siècles d'existence. La manufacture, filiale de Saint-Gobain située dans la Loire, est l'une des deux seules installations industrielles au monde à utiliser la technique du verre soufflé à la bouche. Un savoir-faire unique qu'il faut préserver.
Les rendez-vous sportifs sont aussi l'occasion de prouesses (et d'hymnes musicaux en tout genre, n'est-ce pas Shakira ?!), que nous suivons bien sûr de près, pour les acteurs du BTP. La France prépare ainsi l'accueil de ses prochains Jeux olympiques, d'hiver cette fois, en 2030 et a désigné cette semaine les deux groupements lauréats des chantiers patrimoniaux d'exception que sont la transformation du fort des Trois-Têtes et de l'usine de la Schappe en village olympique à Briançon.
Et parce qu'en ces temps de crises successives et d'actualités difficiles, il ne s'agit pas de détourner le regard, mais juste de reprendre son souffle en nous ressourçant de la beauté qui nous entoure, pensons donc à relire (ou écouter !) les poètes : une exposition à la Maison Victor Hugo nous plonge ainsi dans la passion pour l'architecture que l'écrivain qui était aussi peintre, entretenait.
Faisons enfin un détour par les hortillonnages d'Amiens. Une parenthèse enchantée au gré des installations paysagères et artistiques proposées, imaginées par des artistes, paysagistes et architectes, qui sont autant d'expérimentations répondant aux enjeux environnementaux contemporains.
Et n'oublions pas que parmi les routes qui redonnent confiance, celle de l'intelligence collective et du dialogue est souvent la plus intéressante. Car tout se joue aussi ici et maintenant.
Hit the road Jack, de Ray Charles
Bridge over troubled water, Simon and Garfunkel
Passer ma route, Maxime Le Forestier
Travelling song, Bjorn Berge
Le souffleur de verre, Annie Philippe
Dai dai, Chanson pour la coupe du monde 2026, Shakira
Le papillon et la fleur, Gabriel Fauré sur un poème de Victor Hugo
La route, Arthur H
Bonne écoute !
Pauline Polgar
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