Le groupe Bouygues vient d'être débouté en appel de ses poursuites contre le Canard Enchaîné, qui avait évoqué en 2011 des soupçons de corruption pour son attribution au chantier du futur siège du ministère de la Défense. Précisions.

Le groupe Bouygues, a été débouté en appel, mercredi 28 mai de ses poursuites contre le Canard Enchaîné après avoir évoqué des soupçons de corruption pour l'attribution du futur siège du ministère de la Défense, dans le quartier Balard à Paris. Publié le 7 décembre 2011, l'article incriminé du journal satirique révélait qu'une information judiciaire pour corruption et trafic d'influence était ouverte depuis février 2011 sur d'éventuelles malversations lors de l'attribution du contrat passé en PPP avec le ministère de la Défense.

 

"Soupçons"
"L'ami Bouygues a raflé un marché de 3,5 milliards d'euros pour construire et entretenir le nouveau ministère de la Défense. Mais de vilains soupçons de corruption et de favoritisme viennent gâcher la fête", écrivait l'hebdomadaire.

 

Bouygues, qui avait assigné en diffamation le journal, lui réclamant neuf millions d'euros, avait été débouté en première instance en mars 2012, avant de faire appel. Lors de l'audience en février, l'hebdomadaire avait défendu le sérieux de son enquête, son avocat Me Antoine Comte soulignant qu'il n'avait évoqué que des "soupçons".

 

La Justice a donc estimé que l'existence des sources évoquées par la défense, et contestée par Bouygues, semblait corroborée par le fait que deux journalistes d'autres publications ont témoigné avoir eu ces mêmes informations sur une information judiciaire en cours. Elle a également souligné que Bouygues ayant été le seul attributaire du marché, cela autorisait les auteurs à écrire que les soupçons portaient sur lui, ce qui relevait de la "déduction logique". Enfin, la cour a jugé que le sujet relevait de "l'intérêt général" justifiant une publication, déboutant Bouygues, condamné aux dépens et à payer à l'hebdomadaire 5.000 euros pour autres frais.

 

Une information judiciaire toujours en cours
Toutefois, l'information judiciaire sur l'attribution du chantier est toujours en cours au pôle financier de Paris. Deux hommes, dont un officier ont été mis en examen, en mai dernier. Une information qui confirme une révélation du Canard enchaîné, parue le mercredi 14 mai 2014…

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