Nouveau rebondissement et coup de colère des opposants autour du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes. La préfecture de Loire-Atlantique a informé ce vendredi 30 octobre la reprise des travaux à partir de 2016. Un appel d'offres a, en effet, été publié la semaine dernière pour des "travaux de débroussaillage, de rétablissements d'accès et de clôtures de la desserte routière de l'aéroport du Grand Ouest". Le ton se durcit. Explications.

Nouveau vent de panique à Notre-Dame-des-Landes. Suspendus depuis 2012, les marchés publics relatifs au démarrage des travaux du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, ont été relancés ce vendredi 30 octobre par la préfecture de la Loire-Atlantique.

 

Reprise des relations avec les entreprises et lancement de marchés spécialisés

"L'État a demandé aux maîtres d'ouvrage de la future plate-forme et de sa desserte routière de mettre en oeuvre les démarches qui permettront de démarrer les travaux, souligne la préfecture dans un communiqué, publié ce vendredi. Ceci se traduit en particulier par le règlement des indemnités d'expropriation, la reprise des relations avec les entreprises et le lancement de marchés spécialisés."

 

En détails, c'est l'appel d'offres publié lundi 26 octobre sur le Bulletin officiel des annonces des marchés publics (BOAMP) pour des "travaux de débroussaillage, de rétablissements d'accès et de clôtures de la desserte routière de l'aéroport du Grand Ouest" qui a semé le trouble chez les opposants au projet. Effectivement, les candidatures devront bien être reçues avant le 23 novembre prochain, précise l'Etat dans le même communiqué.

 

En parallèle, il poursuit le déroulement des procédures administratives, dont celles portant sur l'évaluation environnementale du projet, "dans le strict respect du droit national et communautaire", ajoute encore la préfecture de la Loire-Atlantique.
Reprise des tensions : les élus EELV à Nantes répondent au passage en force
Malgré l'appel des opposants au projet du jugement du tribunal administratif de Nantes, la préfecture reste pour le moment droite dans ses bottes. D'autant plus, que le Premier ministre avait affirmé le 20 octobre 2015 que les travaux allaient reprendre, après le rejet le 17 juillet des recours déposés contre les arrêtés autorisant les travaux. Et bien de marteler le même jour : "La décision du tribunal est donc d'application immédiate et le projet va donc pouvoir se poursuivre normalement."

 

En réponse à la décision gouvernementale de relancer le projet tout d'abord par des "travaux de débroussaillage, de rétablissements d'accès et de clôtures de la desserte routière de l'aéroport du Grand Ouest", les élus EELV ont quitté la séance du conseil municipal de Nantes ce lundi 2 novembre pour protester contre la reprise des travaux à Notre-Dame-des-Landes. "Si les travaux commencent avant la fin des recours, la majorité municipale explose à Nantes", a prévenu le sénateur EELV et conseiller municipal, Ronan Dantec, rapporte Presse Océan. Il dénonce ''la provocation très forte'' de Manuel Valls.

 

"Le Premier ministre prend le risque d'activer un vent de révolte citoyenne à la veille de la COP21", l'Acipa, principal opposant au projet

 

De son côté, dans un communiqué, l'Acipa, la principale association d'opposants au projet d'aéroport dénonce l'ambiguïté de ce communiqué. "Il s'agit d'une opération de communication autour d'un simple appel d'offres pour d'éventuels travaux, signale-t-elle. Cet appel d'offres vient dans la continuité des procédures administratives que les porteurs du projet (État et Vinci) sont obligés de respecter." Faisant également remarquer que "l'État n'a toujours pas déposé de demande de permis de construire pour les installations qui sont de sa responsabilité, comme la tour de contrôle".
L'Acipa estime qu'avec cette annonce, "le Premier ministre prend le risque d'activer un vent de révolte citoyenne à la veille de la COP21".

 

Dénonçant "la volonté du Gouvernement de passer en force" et son "hypocrisie" quelques semaines avant cet événement, un représentant des "zadistes" a d'autre part fait part à l'AFP de leur intention de "s'opposer à toute tentative de reprise des travaux".

 

 

Interrogé par Batiactu, Julien Bayou, porte-parole EELV, rappelle qu'un "un vœu climat et budgétaire de la part de Matignon est une mauvaise blague si il y a un soutien gouvernemental à Notre-Dame-des-Landes." Avant de conclure : "Les écologistes ont raison de pointer le décalage toujours plus grand entre les discours verts et les actes."

 

En revanche, les présidents des CCI des Pays de la Loire et Bretagne ont pour leur part salué "une excellente nouvelle pour tout le Grand Ouest car on va pouvoir créer les 3.500 emplois et 5,4 millions d'heures de travail concernés par ce chantier".

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