La mission d'information sur la conservation et la restauration de Notre-Dame, présidée par la députée de Paris Brigitte Kuster, poursuit ses travaux et a auditionné le 8 janvier dernier, le vice-président du Cnoa, Eric Wirth. Ce dernier a notamment été consulté sur la question d'une reconstruction à l'identique de la cathédrale parisienne, en construisant une nouvelle charpente en bois. "Je ne me prononcerai pas pour ou contre, mais je pense en revanche qu'il faut se méfier des fausses bonnes solutions", a appelé Eric Wirth.
Il a notamment relevé que "dès l'incendie, des confrères ont dit qu'il fallait faire une charpente métallique ou en béton, mais on peut poser le problème de la légèreté. Ces cathédrales ont été construites et tiennent structurellement parce qu'on a une masse sur une voûte qui est poussée par des arcs-boutants et ne fonctionnent que parce que c'est lourd" .
"Montrer au monde entier comment nous prenons soin de notre patrimoine"
Interrogé en fin d'audition sur l'existence et l'influence de lobbys des matériaux prêchant pour leur paroisse, il a estimé qu'une potentielle pression pour l'usage du bois n'aurait "pas de sens" et ne serait "ni à l'échelle, ni à l'honneur de cet édifice". Et d'ajouter qu'il serait difficile d'attribuer une mauvaise influence "au matériau le plus écologique" qui soit.
Eric Wirth a également mis en avant l'aspect "sociétal" du chantier de sécurisation, puis de la phase de restauration, appelant à ce qu'ils soient davantage mis en avant par les autorités, pour une visée tant pédagogique que touristique. "On doit montrer au monde entier comment nous prenons soin de notre patrimoine, en France", a-t-il lancé avant de poursuivre : "autant l'émotion était universelle dans ce pays, autant il nous semblerait intéressant que l'ensemble de la société puisse être intégrée à ce qui se passe dans la cathédrale".
Lina Trabelsi
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