Racheté par le groupe Fayat, il y a à peine quelques mois, la société Richard Ducros, spécialisée dans les pièces métalliques pour la construction, a été liquidée par le tribunal de commerce de Paris, sans étudier le projet de reprise présenté par la Comilev et la société Matière.

C'est jeudi que le tribunal de commerce de Paris a décidé la liquidation judiciaire du métallurgiste Richard Ducros, basé à Alès, dans le Gard, entraînant le licenciement de ses quelque 299 salariés. D'après eux, «la liquidation des deux sites d'Alès, avec 230 emplois, n'est pas une surprise». En revanche, celle des deux autres entités de Charmes, dans les Vosges, et de Roquefort, dans les Landes, a créé la stupeur. En effet, les deux offres de reprise partielle de l'entreprise, qui permettaient de garder quelques dizaines d'emplois, et qui avaient effectivement été présentées par Comilev, qui construit des nacelles élévatrices, et la société Matière d'Arpajon-sur-Cère, ont ainsi été rejetées.
« Nous ne savons pas encore ce que nous allons faire. Si notre plan de reprise avait été accepté, dès le lendemain, nous pouvions relancer l'activité. Tandis que là, cela dépend des décisions que va prendre le mandataire judiciaire. [...] Lorsque la Comilev a repris la Sodamel après la liquidation judiciaire, nous avons mis douze ans pour acquérir l'outil industriel », a souligné Didier Brethes, directeur de la Comilev.

 

Une liquidation inévitable
En novembre dernier le groupe de BTP Fayat, en dépit de quatre audits faisant apparaître une baisse significative du chiffre d'affaires, avait racheté la société Richard Ducros. A l'époque, les salariés et les syndicats avaient dénoncé une opération spéculative, dénuée de stratégie industrielle, selon un communiqué de la CGT. Aujourd'hui encore, les salariés de Richard Ducros n'en démordent pas : en rachetant leur entreprise, le groupe Fayat a surtout récupéré certaines des commandes alésiennes sans oublier l'agrément SNCF de l'entreprise Richard Ducros, notamment pour le TGV. «Fayat a mis le feu à Richard Ducros. D'un claquement de doigt, il nous jette à la rue», a conclu Frédéric Rodriguo, syndicaliste présent lors de l'audience.

 

 


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