BUDGET. Selon une note, commandée par le gouvernement, le budget pour construire les infrastructures pour les jeux olympiques de Paris 2024 présente des risques de surcoûts importants.

Il n'est pas rare que les budgets prévus pour les jeux olympiques dépassent les montants annoncés, quel que soit le pays. Paris échappera-t-elle à ce phénomène ? Pas sûr. Un rapport d'experts commandé par le gouvernement alerte en effet sur des risques de "surcoûts importants" dans la construction des sites pour les Jeux olympiques de Paris-2024, révèle le quotidien Le Parisien dans son édition datée du 14 mars 2018.

 

Ce document, qui doit être remis prochainement aux ministres concernés, Laura Flessel (Sports) et Gérald Darmanin (Comptes publics), avant d'être rendu public, évoque de "réels risques à la fois de non-réalisation dans les délais de certains équipements mais aussi de surcoûts importants".

 

Certains sites pointés du doigt

 

Plusieurs projets inquiètent les rapporteurs. Le site prévu pour le Volley au Bourget semble mal parti. Selon le quotidien "il y a peu de chance que les tournois" se déroulent sur ce site temporaire dont les aménagements nécessaires sont jugés "anormalement coûteux". Le site aquatique et le village olympique, qui doivent être construits à Saint-Denis, ainsi que la zone du Bourget, qui doit accueillir le village des médias et les compétitions de tir et badminton, sont évoqués dans cette note de l'Inspection générale des finances (IGF), de l'Inspection générale de la jeunesse et des sports (IGJS) et du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD).

 

Concrètement, le site aquatique, qui doit accueillir les épreuves de natation, supporte le risque de voir sa facture de 130 millions d'euros doublée en raison de la multiplicité des acteurs et de certains élus de vouloir en faire un site exceptionnel, résume une source proche du dossier, contactée par l'AFP. Le village olympique, situé à cheval sur les communes de Saint-Denis, L'Ile-Saint-Denis et Saint-Ouen, pose difficulté en raison de la proximité d'une "zone archéologique", mais sa construction n'est pas remise en cause.

 

Vers un transfert de la maîtrise d'ouvrage à Solideo ?

 

Dans un communiqué adressé à l'AFP, la ministre des Sports a précisé que ce rapport "ne dit pas : 'Vous allez dépasser le budget"', mais 'Voilà ce qu'il faut faire pour tenir le budget' justement". "Nous allons engager un travail de concertation avec les élus locaux afin d'explorer les nombreuses solutions qui s'offrent à nous", explique-t-elle aussi, répétant "l'engagement ferme" de "tenir les délais et tenir les budgets".

 

Les inspecteurs de l'État préconisent que la maîtrise d'ouvrage ne soit plus confiée à la Métropole du Grand Paris, dirigée par Patrick Ollier, mais à la Solideo, la société publique chargée de superviser les constructions olympiques.

 

Le budget total des Jeux olympiques doit à ce stade s'élever à 6,8 milliards d'euros: 3,8 milliards pour leur organisation, financés par le CIO, les sponsors et la billetterie, ainsi que 3 milliards pour la construction des équipements, financés pour moitié par les acteurs publics (État et collectivités) et pour moitié par les investisseurs privés.

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