L'Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem) est un peu déçue de la fin d'année 2016, qui se solde par une stagnation de la production de granulats et une modeste progression du béton prêt à l'emploi. Toutefois, les indicateurs de reprise du marché de la construction laissent espérer un meilleur début d'année.

Les résultats de l'enquête de conjoncture des matériaux de construction montrent une fin d'année 2016 en deçà des espérances de l'Unicem : les livraisons de granulats ont certes été meilleures qu'en novembre (+0,5 %) mais elles restent en dessous du niveau qu'elles atteignaient un an auparavant (-1,1 %). "Néanmoins, le redressement se confirme avec une remontée des volumes au quatrième trimestre, de +1,8 % par rapport au troisième trimestre et de +1,6 % au regard de la même période d'il y a un an", souligne la lettre mensuelle de conjoncture. Au final, sur l'ensemble de l'année écoulée l'activité des granulats ressort stable (-0,3 % en données corrigées).

 

Du côté du béton prêt à l'emploi (BPE), le mois de décembre a été marqué par une légère hausse des volumes (+1,1 %) mais qui reste toujours sous le niveau de fin 2015 (-0,5 %). "Au total, sur l'ensemble de l'année, la production de béton prêt à l'emploi aurait progressé de +1,8 % en données corrigées", estime l'Unicem, qui poursuit : "Quant à l'indicateur matériaux, après un plongeon de près de -7 % en 2015, il afficherait lui aussi un léger redressement sur l'ensemble de l'année 2016, de l'ordre de +1 % grâce à un second semestre beaucoup mieux orienté que le premier".

 

Une amélioration du bâtiment (et des TP ?)

 

La bonne nouvelle est que le climat conjoncturel ne cesse de s'améliorer : "L'activité passée poursuit son redressement, le solde des entreprises déclarant une hausse de l'activité atteignant son plus haut niveau depuis la mi-2011", se réjouissent les industries de carrières. Ils rappellent que les mises en chantier de logements ont bondi sur les trois derniers mois (+10,2 %), totalisant 376.000 unités commencées sur un an (+11 %), portée d'avantage par le collectif (+13 %) que par l'individuel (+7 %). Une tendance qui devrait se poursuivre avec des demandes de permis de construire en hausse (+8 % en trois mois et +15,7 % en une année). A la fin du mois de novembre, le nombre d'autorisations dépassait les 444.000 (+13,8 %), là encore soutenu par le collectif plus que par l'individuel (+18,5 % contre +9,5 %). "Si le segment résidentiel se porte bien, le secteur non résidentiel n'est pas en reste avec plus de 37,5 millions de m² de surface autorisées en cumul annuel à fin novembre (+5,4 %), les commerces et les entrepôts bondissant de plus de 20 %", souligne la lettre de conjoncture.

 

Même les travaux publics, moribonds, ont amorcé leur redressement, avec un niveau d'activité en progrès (+2,5 % en un an). "Si l'inflexion conjoncturelle s'est bien amorcée en 2016, elle manque encore d'ampleur", note l'Unicem. Dans les faits, les volumes restent bas et certains segments comme les travaux routiers restent déprimés (-0,5 % en cumul sur onze mois). Toutefois, les prises de commandes sont en hausse (+14,3 % depuis janvier 2016) en partie liées au projet du Grand Paris. "Le niveau (…) n'en demeure pas moins faible, comparé au passé, et surtout il traduit encore un manque de vigueur de la commande publique et une forte hétérogénéité territoriale".

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