Avant même la publication des résultats annuels du groupe, les investisseurs redoutent des provisions importantes sur l'activité construction qui subit des pertes sur de gros chantiers et peut craindre des retombées négatives en cas de conflit au Proche Orient ou en Cote d'Ivoire.

Ainsi, vendredi 7 février 2003, à mi-journée, le titre perdait 3,08% à 22,05 euros dans plus de 12,6 millions de pièces échangées (soit près d'une fois et demie le volume quotidien moyen des 30 dernières séances) fait remarquer l'agence Reuters dans un communiqué qui précise par ailleurs que depuis le début de l'année, Bouygues accuse un recul de 17,2% alors que l'indice sectoriel affiche une hausse de 0,5%.

Selon certains analystes financiers, le groupe aurait prévu des provisions de l'ordre de 50 millions d'euros. "Il y a des chantiers qui posent problème. Comme il y a une nouvelle équipe de direction chez Bouygues Construction, cela ne fait pas de doute qu'elle voudra nettoyer un peu les comptes", explique l'un d'entre eux à Reuters.

Toutes ces incertitudes concernant les résultats de la branche construction coïncident avec les rumeurs d'une réorganisation de l'activité dirigée par Yves Gabriel. Le groupe a certes démenti le départ de deux directeurs généraux, mais un remaniement des équipes dirigeantes semble tout de même à l'ordre du jour. " Il n'y a pas de fumée sans feu " avoue un cadre du groupe.

Par ailleurs, le départ, "pour convenances personnelles" de l'actuel directeur de la communication, Yves Romestan, qui sera remplacé par Christophe Morand, ne devrait guère contribuer à rassurer les investisseurs.

Autre sujet d'inquiétude pour Bouygues Construction : l'actualité internationale. Comme d'autres majors français du BTP, le groupe est bien implanté au Proche-Orient ainsi qu'en Côte d'Ivoire où sa filiale, la Saur, possède des concessions. Bouygues Construction a dont tout à redouter d'un embrasement de ces régions du Monde.

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