La justice a ordonné ce mardi 27 octobre 2026 la mise en conformité de certains travaux du chantier de l'autoroute A412, mené par Eiffage GC Infra Linéaires et concédé à Amedea (filiale détenue par le groupe Eiffage et APRR), et qui doit relier les communes haut-savoyardes de Thonon-les-Bains et Chamilly. Le projet risquait une potentielle suspension de travaux, pour des manquements aux prescriptions de l'autorisation environnementale en matière de protection de la faune.

 

Le tracé de 16,5 kilomètres de l'A412 a été pensé, d'après l'État, pour décongestionner l'important trafic entre l'agglomération de Genève en Suisse, et Thonon-les-Bains sur la rive sud du lac Léman, un chemin emprunté au quotidien par de nombreux travailleurs frontaliers vivant en France.

 

Plus de 150 hectares déboisés et défrichés

 

L'autorisation environnementale a été signée le 28 août par le préfet du département, permettant aux travaux de commencer quatre jours plus tard. Amadea a depuis déboisé et défriché 85% des 180 hectares prévus, soit l'équivalent de 252 terrains de football, d'après les informations de nos confrères de l'AFP.

 

Alors que la procureure d'Annecy avait requis la suspension du chantier ce 21 octobre, la décision de la juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal d'Annecy était attendue. La procureure avait en effet mis en avant des manquements présumés aux prescriptions environnementales, signalés par l'Office français de la biodiversité (OFB).

 

Des manquements à la protection des castors, amphibiens et poissons

 

Le juge a demandé ce 27 octobre à Amadea "l'exécution des mesures nécessaires au respect" de plusieurs "prescriptions" environnementales, "sous astreinte de 20.000 euros par jour calendaire de retard", après avoir relevé une série de "manquements", notamment sur la protection des castors, les dispositifs anti-intrusion amphibiens ou le sauvetage de la faune piscicole.

 

Le JLD a considéré que les manquements en question, "qu'il convient de corriger ne relèvent pas d'une application généralisée (…) mais de non-respects qui ont pu être localisés". Une suspension du chantier "paraît en l'état disproportionnée".

 

"Nous regrettons que la décision intervienne tardivement, notamment pour les populations d'amphibiens (salamandre, grenouilles rousses)  (...) qui auront malheureusement subi de plein fouet les travaux menés à marche forcée", a réagi dans un communiqué France Nature Environnement (FNE), qui avait saisi le parquet. "Même s'il nous aurait semblé plus sûr de suspendre les travaux, la décision impose à Amedea de respecter enfin cette réglementation", a toutefois estimé la fédération d'association environnementales.
M.S. avec AFP

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