FORMATION PROFESSIONNELLE. Effectifs des apprentis, tractations autour du futur Opérateur de compétences, formation initiale et continue... Jean-Christophe Repon, président du CCCA-BTP, est revenu pour Batiactu sur ces sujets qui émaillent l'actualité lors d'une émission sur Batiradio.

Dans le cadre de la loi dite "pour la liberté de choisir son avenir professionnel", portée par la ministre du Travail Muriel Pénicaud et votée par le Parlement à l'été 2018, les Organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) vont être remplacés par des Opérateurs de compétences (OPCO), des structures chargées d'assurer le financement des contrats d'apprentissage et de professionnalisation, d'élaborer une gestion prévisionnelle des emplois et de leurs compétences, et enfin de financer les plans de formation des PME-TPE. De fait, les organisations professionnelles représentatives sont tenues de signer au moins un accord les rattachant à un OPCO. Or le secteur du bâtiment semble se diviser sur le sujet : alors que la Fédération française du bâtiment (FFB) a signé l'accord pour l'OPCO de la Construction, la Confédération des artisans et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) a préféré se rattacher à deux accords, d'un côté celui de la Construction, et de l'autre celui baptisé "Pepss" - Opérateur de compétences des entreprises de proximité et de ses salariés. Dans une interview à Batiactu, Jean-Christophe Repon, trésorier adjoint de la Capeb et président du CCCA-BTP, avait déjà explicité les raisons ayant motivé cette décision, tandis que Jacques Chanut, le président de la FFB, a lui aussi tenu à fournir ses explications.


 

L'arrivée de l'OPCO, un "changement de paradigme"



Après ces échanges, le président du CCCA-BTP est revenu lors d'une émission diffusée sur Batiradio sur la transformation de l'OPCA Constructys en OPCO en insistant sur les conséquences : "C'est la fonction première qui va changer totalement. Maintenant, on est vraiment plus sur un rôle de financeur et d'appui aux branches [...]. On a un changement de paradigme total entre l'OPCA et l'OPCO et qui va changer sa façon de faire. Dans la période transitoire de 2019, il y a beaucoup de chantiers à ouvrir pour arriver à répondre à la commande de la loi." Du côté de la Capeb, on insiste déjà sur le combat à mener contre la main d'œuvre détachée et en faveur de l'apprentissage et de la montée en compétence des salariés.

Pour la suite des évènements, Jean-Christophe Repon assure que son organisation continuera à défendre les entreprises artisanales : "Nous espérons une sortie de crise rapide. Vu la qualité des négociations et l'absence, dans l'accord-cadre, de la TPE en tant que telle, on a demandé qu'apparaisse une spécificité de l'artisanat, des entreprises de moins de 11 salariés, ce qui nous a été refusé. Comment construit-on la sauvegarde de la TPE, qui constitue nos 53.000 adhérents ? La main d'œuvre détachée, l'autoentrepreneuriat... ce sont des sujets importants. Nous savons que cette spécificité sera préservée au sein du Pepss." A l'issue des tractations, et dans tous les cas, c'est le Gouvernement qui tranchera en indiquant à chaque branche professionnelle à quel OPCO elle doit se rattacher.
 

Objectif : +10% d'apprentis



En ce début d'année 2019, l'occasion est aussi donnée de faire un point sur l'apprentissage, éminemment lié aux questions de formation professionnelle. D'après le président du CCCA-BTP, les chiffres seraient plutôt encourageants : "Pour une fois, la rentrée 2018 est très satisfaisante : nous avons sur les nouveaux entrants en CAP un pic à +8% d'apprentis, et à +5% sur un flux général. Au-delà de la reprise économique qui est perceptible dans l'ensemble des entreprises, même si elle n'est pas assez satisfaisante, la reprise de l'apprentissage en adéquation avec le monde économique est présente également." Malgré cela, les effectifs d'apprentis peuvent-ils être considérés comme suffisants pour le secteur du bâtiment ? "Il est difficile de définir le bon niveau d'apprentis en France ; il doit être en adéquation avec les besoins des entreprises. Nous étions avant la crise à plus de 70.000 apprentis, nous sommes actuellement à 54.000. Je pense que nous avons encore une marge de progression, avec des objectifs à +10%."

 

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