L'exercice écoulé a été marqué par de nombreuses acquisitions et augmentations de capacité pour Knauf, le spécialiste des plaques de plâtre et des isolants polystyrène et polyuréthane. Denis Kleiber, le directeur général de la filiale française, détaille les événements de 2016 et précise la stratégie pour 2017.

Pour le directeur général de Knauf France, "2016 a été une bonne année, riche en expériences nouvelles, en acquisitions et en développements". L'entreprise familiale allemande s'est en effet largement développée au cours des douze derniers mois, avec l'achat ou la création de très nombreux sites de production de plaques de plâtre, que ce soit en Amérique latine (Colombie, Honduras, Mexique, Chili), en Asie (Cambodge, Vietnam, Philippines, Chine) ou en Afrique (Egypte, Tanzanie ou doublement des capacités en Algérie). "Le chiffre d'affaires est stable, à 6,5 Mrds €, mais des effets de change pénalisent la croissance, qui pourrait être de +13 %", annonce le dirigeant.

 

"Au plan national, nous avons investi dans nos outils de production, avec des technologies nouvelles pour mieux maîtriser le taux d'incorporation de plâtre recyclé", poursuit-il. Ce taux est ainsi passé de 5-6 % les années passées à 8 % voire 15 % selon les produits. "Dans les polyuréthanes, nous avons investi pour doubler nos capacités à Auxerre". Sur ce type d'isolant, Knauf annonce : "Les épaisseurs de produit ont fortement augmenté depuis 2010, et sont passées de 50 mm à 120 mm en moyenne, et les quantités vendues croissent pour les toitures et les sols. Nous souhaitons maintenant nous positionner sur le marché de la façade, sous bardage et, dans le futur, sous enduit". La société travaille sur la question pour mettre un produit sur le marché en 2018, dont l'avantage sera d'être moins épais que l'ITE polystyrène.

 

Miser sur l'ITE et de nouvelles offres de services

 

"Autre innovation, sur ce marché de l'ITE justement, le polystyrène graphité est désormais protégé des rayonnements solaires, ce qui permet de ne plus bâcher les échafaudages", fait valoir Denis Kleiber. Les produits "Sun +" se distinguent grâce à l'incorporation de billes bleues dans le matériau, et se distinguent ainsi des concurrents (ou contrefaçons). A noter qu'un certain nombre d'autres produits polystyrène ont également adopté ce marquage. La société allemande explique également travailler à l'amélioration de la performance thermique, du passage de la vapeur d'eau et du taux de compression des matériaux. "Pour 2017, l'événement majeur sera le lancement d'un plan de marque, mettant l'accent sur les problématiques feu, acoustique, qualité de l'air et respect de la réglementation", déclare le directeur général. L'entreprise poursuivra par ailleurs la mise en ligne d'objets BIM, au fil de l'eau, "grâce à la collaboration entre nos ingénieurs et nos commerciaux", ajoute-t-il. Une trentaine de ces objets, principalement des cloisons, sont déjà disponibles, et la marque précise être prête à accompagner les professionnels en faisant preuve de beaucoup de pédagogie pour cette transition numérique.

 

Le dirigeant reprend : "Nous avons également lancé une réflexion stratégique de long terme sur la relation avec nos clients, en termes de réactivité accrue et de changement des habitudes de travail avec les négoces. Notre logistique doit s'adapter". Il fait allusion à une modification des modes de commande, avec des délais toujours plus courts pour y répondre et des capacités de stockage limitées chez les négociants. "Elles ne sont pas extensibles, et ce problème de stock se pose d'autant plus avec la multiplication des références de la part des industriels", avoue Denis Kleiber, qui se montre sceptique sur la capacité, pour les négoces, de réserver une surface à la reprise des déchets du bâtiment. "Il faut proposer de nouvelles solutions et de nouveaux services qui nous différencient", lance-t-il. Le responsable évoque notamment une "tournée des laitiers" pour des camions de livraison sur toute une zone géographique, afin d'éviter une multiplication des trajets. Interrogé sur le prix des produits, il conclut : "Les matières premières ont augmenté de +68 % au cours des derniers mois, cela va donc se répercuter sur le polystyrène et le polyuréthane".

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