CHANTIER - Démarrée en juillet dernier à Strasbourg, la vaste opération transformation de l'entrepôt Seegmuller en programme immobilier devrait se poursuivre jusqu'en début 2014. Les ouvriers se sont attaqués à la gigantesque charpente métallique du bâtiment désaffecté de briques et de béton. Au total : six poutres treillis métalliques ont été mises en œuvre ces jours-ci pour soutenir le porte-à-faux de 14 mètres de long. Découverte.

Dans le cadre de la réhabilitation des entrepôts Seegmuller, situés sur la presqu'île Malraux à Strasbourg, à proximité du nouveau quartier du Danube, une phase spectaculaire du chantier a eu lieu ces jours-ci. "C'est un levage considérable, nous signale Claude Stoeckel, chargé d'affaires de l'entreprise Baumert Constructions Métalliques (BCM) basée à Ertsein (Bas-Rhin). Cette pose d'un morceau de l'armature d'acier ou 'ferme' pesant 14 tonnes est, en effet, destinée à compléter le porte-à-faux de 14 m sur trois étages".

 

Un assemblage par boulonnage
La structure repose donc sur une dalle béton où sont implantés des poteaux métalliques verticaux tous les 4,5 m. "Compte tenu de la taille du treillis de poutrelles, les différents éléments ont été assemblés pièce par pièce sur place, explique le responsable du chantier pour l'entreprise alsacienne. C'est pourquoi il ne s'agit pas d'une opération de levage classique. Ces éléments livrés sur notre site à Erstein ne sont pas soudés mais assemblés en fait par boulonnage."

 

Et de souligner : "Après un assemblage sur le chantier des éléments au sol, le levage des poutres a démarré et s'est fait à l'aide ponctuellement de deux grues automotrices de 100 et 350 tonnes. Au final, ce sont six poutres treillis de 20 tonnes chacune, de 35 m de long, 9 mètres de haut et 4,50 m de large qui forment l'intégralité du canevas métallique." Il a fallu ensuite quelques jours de travail aux quatre monteurs pour assembler, régler et serrer les boulons de cette nouvelle portion d'armature, l'avant-dernière du porte-à- faux à l'armature métallique pesant au total 700 tonnes.

 

D'après les calculs des bureaux d'études, le bâti existant pouvait, en statique, supporter les 700 tonnes ajoutées par la surélévation contemporaine. Mais c'était sans compter sur la nouvelle réglementation antisismique qui a cependant obligé, ici, la création d'importantes reprises en sous œuvre en béton pour près de 200 tonnes, en nécessitant d'aller chercher de nouvelles fondations jusqu'à 11 m de profondeur.

 

Un parallélépipède de verre et d'alu
"Notre opération de levage aura nécessité en tout cinq semaines de mise en place, ajoute Claude Stoeckel. Et toutes les entreprises sollicitées sur le chantier viennent se fixer sur la charpente : en effet, l'ensemble des matériaux choisis nécessitent des mises aux normes techniques et ajustées. Le platelage sera en bois exotique (Ndlr : lattes d'acier espacées d'un mètre et noyées dans un sol de béton parfaitement horizontal) alors que les balcons seront en, aluminium." Et au final, l'ensemble de la structure métallique sera composée d'une façade aluminium et verre.

 

Cette nouvelle structure métallique en forme de parallélépipède a été imaginée par les architectes alsaciens Georges Heintz et Anne-Sophie Kehr (HK et Associés) pour rappeler les conteneurs de marchandises et évoquer l'identité industrielle et portuaire du site. "La construction en métal a également été retenue pour sa légèreté, afin de pouvoir être supportée par la structure historique", indique l'entreprise BCM. La partie inférieure du bâtiment est toutefois renforcée par d'importants travaux de gros œuvre pour accueillir la nouvelle partie supérieure du bâtiment. Les briques de parements originelles du bâtiment seront aussi conservées.

 

Découvrez la suite de l'article dédiée au projet en page 2 et le diaporama dès la page 3
actionclactionfp