UN PROJET/UNE PARTICULARITE. L'association Habitat et Humanisme et l'agence Univers Conseils ont allié leurs compétences pour faire émerger un projet qui déménage ! Il s'agit d'une maison "temporaire" pour loger des personnes de manière "temporaire". Dix jours seront nécessaires pour le montage du projet et autant pour le démontage. Découverte.

Voici un projet qui souhaite porter haut et fort les couleurs du développement durable. Car il se veut à la fois social et écologique. Baptisé "La maison qui déménage", il est le fruit d'une co-conception entre l'association Habitat et Humanisme et l'agence Univers Conseils.

 

L'idée ? Proposer un logement temporaire à des personnes en cours de réinsertion et/ou sur la voie d'obtenir un appartement dans un parc social. Un projet qui devrait toucher un bon nombre de personnes puisque l'association accompagne 350 familles dans cette situation en Ile-de-France. Durant cette période transitoire, la maison serait une solution rapide pour héberger des foyers de quatre personnes : "Grâce à des préfabriqués, nous pouvons monter la structure en 10 jours et la démonter également en 10 jours", note Aline Maréchaux, gérante et conceptrice, chez Univers et Conseils. Côté caractéristiques, la réalisation se présente sous la forme d'une maison bois de 40 m2 avec une pièce à vivre, deux chambres et une salle de bains. L'ensemble étant élaboré à partir d'éléments modulaires : planchers, parois, panneaux d'1,20 m… "L'objectif est de pouvoir transporter les différentes pièces juste avec ses bras et ainsi accéder facilement à des sites compliqués", souligne Aline Maréchaux. Car les terrains sur lesquels le projet devrait s'implanter seront essentiellement des friches ou des dents creuses : "Les collectivités disposent souvent de terrains libres temporairement du fait de diverses procédures en cours (…) on pourrait donc imaginer les utiliser pour faire du logement temporaire", confirme Habitat et Humanisme dans un communiqué.

 

Favoriser les circuits courts
Du temporaire certes, mais sans négliger la qualité. Au programme : isolation en ouate de cellulose et étanchéité à l'air pour assurer un bon déphasage : "A la base de notre réflexion : le bien-être des occupants avec un confort d'été et d'hiver, tout en pensant à la contrainte 'dépense', notamment en matière de facture énergétique", précise Aline Maréchaux. Et de compléter : "Notre réalisation doit s'adapter au lieu où elle est installée que ce soit pour les appareils de chauffage ou les matériaux de construction". Entièrement faite en France, elle doit favoriser les circuits courts dans le choix des produits, et devrait atteindre les 50 Kwh/m2/an. Dans ce cadre, quid du coût ? Celui de construction atteindrait 1.600 euros/m2, pour un loyer estimé à environ 7 euros du m2.

 

Un prototype en exposition à la Villette
Un prototype est actuellement visible à la Villette, au nord de Paris, afin de montrer ses avantages aux collectivités et partenaires. Mais d'ores et déjà, un projet est en train de voir le jour à Jouy-en -Josas (Yvelines). "Il faut encore tester le permis de construire, voir comment raccorder la maison aux réseaux et envisager l'assainissement hors sol", poursuit Aline Maréchaux. Mais le projet semble en bonne voie. Et qui sait, il pourrait entraîner avec lui d'autres opérations. D'ailleurs, les idées germent déjà : "Pourquoi ne pas créer une série en habitat groupé, en mutualisant le modèle ou imaginer à partir de cette base un espace de loisirs ou une extension", conclut la jeune femme.
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