Un habitat léger, indépendant des réseaux de distribution et facilement relocalisable : c'est le projet qu'a développé le cabinet d'architectes Clé Millet international à travers les «modules de solidarité». Destiné aux sans-abris, qu'il s'agisse des SDF ou des personnes délogées de leur habitat par une catastrophe naturelle, ce système se veut avant tout une solution d'urgence. Présentation.

«Il existe un noyau de caractéristiques communes à tout habitat d'urgence», expliquent Stéphane et Bathilde Millet. Ces architectes de père en fille ont eu l'idée, avec leur cabinet Clé Millet international, de créer des modules parfaitement autonomes en matière énergétique afin de répondre aux besoins des villes pour loger les sans-abris, bien que cette solution soit aussi adaptable aux victimes de catastrophes naturelles. «Notre philosophie est de travailler à la recherche architecturale. L'idée ici est de trouver une réponse à la situation sociale particulière des personnes amenées à y vivre. Tout est autonome et ce qui concerne la maintenance est géré de l'extérieur», explique Stéphane Millet.

 

Ces modules d'environ 15 mètres carrés combinent en effet trois points relatifs, selon lui, à l'habitat d'urgence : autonomie, légèreté, et sécurité. Le module présente une autonomie énergétique complète, c'est-à-dire qu'elle vise une isolation thermique et une indépendance énergétique maximales. Reste encore pour les villes souhaitant adopter ce système à trouver un endroit où l'implanter, mais l'autonomie réside aussi dans le fait que les modules ne nécessitent pas de raccordement à un réseau, puisqu'ils sont équipés de dispositifs de substitution immédiats pour les réseaux liés à l'eau et à ses effluents. Du fait de sa légèreté, le module requiert cependant des fondations en béton ou sur traverses filantes.

 

Empilables
Les modules sont équipés d'une baie unique à verrouillage, et d'une porte d'accès sécurisée. Ils ne comprennent aucune ouverture ni fonctionnalité latérale, et sont donc juxtaposables et empilables en vue d'optimiser leur nombre sur un espace réduit.

 

Le cabinet d'architecture, qui a conduit une étude de faisabilité avec la société canadienne Modulex, estime le prix de ces modules à 7.000 euros par unité et attend désormais que des collectivités s'intéressent à ce projet. Stéphane et Bathilde Millet voudraient d'ailleurs «promouvoir cette solution de logement par un système de défiscalisation, alloué aux particuliers comme aux entreprises».
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