NOMINATION. Muriel Pénicaud a été nommée ce mercredi 17 mai, ministre du Travail. Sa mission sera d'importance car elle est attendue sur des dossiers délicats tels que la révision du code du travail, le travail détaché, le compte pénibilité…

C'est donc Muriel Pénicaud qui remplace Myriam El Khomri au ministère du Travail. Ce nouveau visage du gouvernement d'Emmanuel Macron vient du monde de la société civile et connaît bien le monde du travail puisqu'elle a été directrice des Ressources humaines du groupe Danone. Elle vient donc quitter son poste de directrice générale de Business France, institution accompagnant les entreprises françaises à l'assaut des marchés exportateurs et attirant les groupes étrangers pour qu'ils investissent et créent des emplois en France, pour entrer au Gouvernement.

 

Son arrivée dans ce ministère n'est pas non plus une première pour Muriel Pénicaud puisqu'elle a été conseillère pour la formation de Martine Aubry, de 1991 à 1993, lorsqu'elle était elle-même ministre du Travail.

 

Toutes ces connaissances et son expérience vont lui être utiles pour aborder les nombreux dossiers délicats qui l'attendent. A commencer par la réforme du code du travail ou le dossier du travail illégal et travail détaché. D'autres sujets tout aussi importants seront à traiter : le compte pénibilité, les discussions sur l'assurance chômage, la formation professionnelle, la réduction du chômage, et peut-être aussi la situation du RSI.

Les réactions

Les réactions à sa nomination n'ont pas tardé. Si des organisations accueillent plutôt bien cette nomination, d'autres comme l'U2P et l'APCMA s'étonnent de l'absence de l'artisanat dans ce gouvernement.

 

Dans un communiqué, la CPME dit prendre "acte de la composition du gouvernement et lui souhaite plein succès" tout en ajoutant que "c'est au pied du mur qu'on voit le maçon". L'organisation précise que "les chefs d'entreprise souhaitent maintenant que se concrétise rapidement la volonté de réformes exprimée durant la campagne". Elle rappelle aussi :"Au premier rang des priorités se trouvent la réforme du code du travail, le RSI, ainsi que la simplification des règles et normes qui brident l'initiative. Il est également urgent de reprendre certaines questions telles que le dispositif de prévention de la pénibilité ou le prélèvement à la source, et ce avec une lecture pragmatique et réaliste".

 

Le monde de l'artisanat, quant à lui, se sent oublié. Selon le communiqué de l'APCMA, l'artisanat est le Grand absent du gouvernement Philippe". Bernard Stalter, président de l'Assemblée permanente des chambres des métiers et de l'artisanat regrette qu'à "l'heure où la France et tout particulièrement les entreprises ont besoin d'un signal fort", "qu'aucun ministre de l'artisanat" ne soit nommé."

 

Même sentiment exprimé de la part de l'U2P qui "s'étonne de ne voir aucun portefeuille ministériel se référer aux priorités des entreprises qu'elle représente pourtant mises en avant par Emmanuel Macron en amont du scrutin présidentiel". Alain Griset, Président de l'U2P, ajoute : "Nous avons été heureux d'entendre les candidats souligner pendant la campagne l'importance des artisans, des commerçants et des professionnels libéraux. Nous demandons maintenant à l'exécutif de joindre les actes aux discours, comme le Chef de l'Etat vient de le faire concernant les travailleurs détachés."

 

Retrouvez notre article sur les six membres du Gouvernement Philippe I qui concernent notre secteur.
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