Tesla, fabricant de véhicules électriques, vient d'officialiser le rachat de SolarCity, un acteur de premier plan du photovoltaïque aux Etats-Unis. Elon Musk, son dirigeant, souhaite faire de son groupe un "verticalement intégré" qui intervient à tous les niveaux de la chaîne de valeur.

Un mois seulement après avoir lancé une OPA amicale sur SolarCity, la firme Tesla a officialisé, ce lundi 1er août le rachat de ce géant du photovoltaïque aux Etats-Unis pour une valeur de 2,3 milliards d'euros en actions afin de créer un géant intégré des énergies renouvelables. Les deux sociétés Tesla et SolarCity entretenaient déjà des liens privilégiés, Elon Musk, le fondateur de la première étant actionnaire de la seconde, à hauteur de 22 %. Le destin est désormais totalement lié. Le milliardaire touche-à-tout avait lancé en juin 2016 une offre d'achat conséquente sur la société de Lyndon et Peter Rive, ses… cousins germains. Au-delà de la résolution des difficultés financières rencontrées par SolarCity, qui fabrique, finance et installe des panneaux photovoltaïques, la manœuvre était motivée par l'intention de faire de Tesla un acteur "verticalement intégré" qui intervient à tous les niveaux de la chaîne de valeur.
Car depuis 2009, trois ans après sa création, la société SolarCity est présente sur le marché de la recharge de véhicules électriques, suite à l'acquisition de SolSource Energy. Elle a notamment signé un partenariat avec Rabobank pour proposer des bornes gratuites de recharge en Californie pour les propriétaires de véhicules compatibles avec le système… Tesla Supercharger. La société prévoit d'intégrer les batteries Powerwall de Tesla et Panasonic à son offre commerciale dédiée aux installations solaires chez les particuliers, afin de développer l'autoconsommation grâce au stockage électrique. Un projet pilote serait prévu, avec 500 maisons équipées de batteries de 10 kWh, toujours en Californie, le fief des deux entreprises. SolarCity est aujourd'hui présent dans 27 Etats américains, principalement dans l'Ouest et le Sud du pays, ainsi que dans le Nord-Est. Elle employait plus de 9.000 personnes en 2014 mais se trouve sous la menace d'une baisse des aides aux renouvelables.

 

Une fausse bonne idée ?

 

La logique d'intégration entre production de panneaux solaires, installation de systèmes de production et stockage d'énergie, et fabrication de véhicules électriques, n'a cependant pas convaincu tous les investisseurs. A l'annonce de l'OPA, le titre Tesla a dévissé en bourse, perdant plus de 8 % en une séance. Selon certains spécialistes, interrogés par nos confrères des Echos, le timing de l'opération ne serait pas adéquat. En effet, le spécialiste des véhicules de luxe n'est pas encore rentable, pas plus que les autres projets d'Elon Musk, pourtant prometteurs, comme SpaceX ou Hyperloop. Et il s'est lancé dans un projet d'envergure : la construction de la plus grande usine du monde, Gigafactory 1, dans le désert du Nevada (voir encadré), afin d'y produire 500.000 systèmes de batteries à partir de 2017. L'investissement, estimé à près de 4,4 Mrds €, sera en partie assuré par son partenaire japonais, Panasonic, qui apportera 1,4 Mrd €. Mais le reste de la somme a nécessité l'émission de nouveaux titres et l'apport de garanties solides. Un grain de sable pourrait-il venir perturber les vastes plans d'Elon Musk ?

 

Gigafactory 1 en chiffres :
400 hectares, la surface prévue de l'usine, le même ordre de grandeur que l'usine Boeing
6.500 employés sur place
85 GWh/an de systèmes de batteries (pour véhicules et stockage) sortiront d'usine en 2020
30 % de réduction des coûts de production attendus grâce aux économies d'échelle
29/07/2016, date de l'inauguration
4,4 Mrds €, l'investissement consenti par Tesla et Panasonic

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