Ségolène Royal et Emmanuel Macron ont annoncé les résultats de l'appel à projets "Réseaux électriques intelligents", lancé en avril 2015. Trois territoires ont été sélectionnés pour bénéficier d'aides de 130 millions d'euros dans le déploiement de "smart grids", tandis qu'un quatrième fera l'objet d'un suivi spécifique. Découvrez-les.

Les réseaux électriques intelligents et communicants combinent électrique et numérique. Grâce à un pilotage pointu, ils permettent de mieux intégrer les sources d'énergie nouvelles, à la fois intermittentes et décentralisées. Un appel à projets, lancé le 15 avril 2015 dans le cadre de la problématique "Ville durable" du plan "Nouvelle France industrielle", vise aujourd'hui à déployer à grande échelle des réseaux de ce type. La ministre de l'Environnement et de l'Energie, Ségolène Royal, et son homologue de l'Economie et de l'Industrie, ont conjointement dévoilé la liste des trois lauréats, ce 15 mars 2016.

 

Les dossiers Flexgrid (Provence-Alpes-Côte d'Azur) et Smile (Bretagne, en lien avec les Pays de la Loire) bénéficieront d'un investissement total de 80 M€ sur les aspects transport et distribution d'électricité, apporté par les gestionnaires de réseaux que sont RTE et ERDF. Le troisième lauréat, le projet You & Grid (métropole de Lille, en lien avec les Hauts-de-France), complète ce podium. L'ensemble de ces trois dossiers pourront recourir au guichet des investissements d'avenir pour bénéficier d'un accompagnement financier sur les actions d'économies d'énergie et de pilotage de la consommation. En tout, 50 M€ seront mobilisés dans ce but.

 

Intégrer les EnR, les véhicules électriques et le stockage

 

Le projet Flexgrid, doté d'un budget de 200 M€, doit étudier les thématiques liées à la gestion des données, à l'intégration des énergies renouvelables et celle des véhicules électriques, au développement du stockage et aux bâtiments intelligents. Il doit tirer profit d'expérimentations antérieures (démonstrateurs CityOpt, Premio, Nice Grid, Infini Drive, Reflexe) et associera des acteurs publics (différents territoires et agglomérations) et privés (pôles de compétitivité, EDF, CEA, Orange, Alstom, ST Microelectronic). De son côté, le projet Smile est doté de 300 M€ et se trouve piloté par un consortium regroupant également des métropoles régionales, des pôles de compétitivité et divers industriels (Cofely Ineo, Bouygues Energie & Services, Delta Dore, Schneider Electric, Spie). Lui aussi vise à intégrer massivement les renouvelables et à améliorer leur insertion sur les marchés et les réseaux "par une meilleure prévisibilité, flexibilité et disponibilité". Il devra également "maîtriser les demandes d'électricité" et mettre en adéquation consommation et production, "développer une interconnexion des plateformes d'échanges", "sécuriser les réseaux numériques associés aux réseaux électriques" au moyen d'outils de test et de labellisation de cyber-sécurité, ou encore "valider les modèles économiques et la viabilité des technologies et services". Les détails du troisième projet, You & Grid, n'ont pas été dévoilés.

 

Un quatrième dossier, sur les cinq soumis dans le cadre de l'appel à projets, a été distingué : il s'agit du Smart Community Nord (Martinique). Il vise à assurer l'autonomie énergétique des bâtiments publics en cas de catastrophe naturelle (cyclone ou séisme). Son objectif est de "concevoir une boucle de production et de consommation locales grâce aux technologies smartgrids qui mettront en réseau cinq sites/postes de commandement pour couvrir l'intégralité du territoire en cas de crise". Ce dernier projet fera l'objet d'un accompagnement adapté, dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l'énergie dans cette région ultramarine. Les ministères expliquent que "les enjeux de gestion des réseaux électriques et de stockage de l'énergie" sont spécifiques en Outre-mer.
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