La maquette numérique est en marche mais la vitesse de progression diffère selon les professions : certains ont sauté le pas depuis longtemps alors que d'autres montrent encore des réticences. Au mois de juillet 2015, Batiactu a réuni architectes, artisans, économistes de la construction et industriels afin d'évoquer cette question.

BIM : trois lettres qui suscitent l'intérêt, la curiosité ou la méfiance. Evolution pour les uns, complication pour les autres, Batiactu s'est adressé aux professionnels afin de recueillir leur sentiment sur cette maquette numérique aux implications multiples. Selon une enquête réalisée entre le 26 mai et le 10 juin 2015 (voir encadré), si 92 % des maîtres d'œuvre ont déjà entendu parler du "Building Information Modeling", seuls 63 % des artisans et entreprises du bâtiment répondent également par l'affirmative. Un tiers des répondants avouent n'avoir que "quelques notions" sur le sujet, et 32 % des artisans confessent même ne pas connaître le BIM

 

"Le BIM ? Même pas peur !", répond Pierre Mit, économiste de la construction et membre des comités du Plan Transition Numérique du Bâtiment (PTNB). "Chacun doit pouvoir y trouver son compte ; depuis des milliers d'années un dessin vaut mieux qu'un long discours", poursuit-il, estimant que le numérique rend intelligents les traits des plans. L'outil informatique, déjà adopté dans l'aéronautique ou l'industrie automobile, qui sert aujourd'hui à concevoir les immeubles et structures, pourra demain servir à les construire, les exploiter et les maintenir dans le temps. Le spécialiste résume : "Le BIM, c'est avoir une nomenclature des objets, qu'il s'agisse de murs, poteaux, poutres, portes ou fenêtres. Comme des pièces Lego® composant un bâtiment. Et le fameux format IFC catégorise ces éléments, leur rattache des propriétés qui doivent être accessibles - mais sécurisées - et mises à jour. Toutes les informations sont contenues dans un même fichier".

 

Raisonner sur l'ensemble du cycle de vie

 

Le BIM servirait notamment à anticiper les prises de décision et les problèmes rencontrés sur les chantiers, générant au passage des économies. Utiles à la gestion du patrimoine, les données sont appelées à prendre de la valeur au fil du temps. "Si l'on n'est pas dans une logique de coût global, on a tout faux !", martèle l'économiste. Mais, étant donné le nombre d'acteurs concernés (architectes, ingénieurs structure, réseaux, thermiciens, acousticiens…), certains craignent de se voir dépossédés de leurs prérogatives. "On gère les rapports humains. Le BIM c'est une nouvelle méthode de travail ensemble, pour tous les métiers. Mais chacun conserve son savoir-faire", répond Pierre Mit. Pour lui, le BIM permet de travailler de façon plus transversale et plus transparente.

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Article publié en juillet 2015, mis à jour ce 30/09/2015
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