La Commission des OPA helvète a donné raison aux héritiers de Sika dans le conflit qui les oppose aux dirigeants de l'entreprise et une partie du conseil d'administration. Une première victoire pour Saint-Gobain qui cherche à prendre le contrôle du groupe de chimie de spécialité sans passer par une coûteuse offre publique d'achat.

La holding qui représente les intérêts de la famille Burkard, héritière du fondateur du groupe Sika, affirme que la Commission des OPA suisse a jugé "valable" la clause d'exemption, qui permettrait à Saint-Gobain de prendre le contrôle de l'entreprise sans passer par une offre publique d'achat.

 

 

Cette situation serait prévue dans les statuts de Sika et resterait valable "tant que l'assemblée générale des actionnaires décide de ne pas abroger cette disposition". Techniquement, elle permet à un actionnaire de prendre le contrôle de plus du tiers des droits de vote sans passer par le lancement d'une OPA. Une décision qui apparaît comme un camouflet pour les actuels dirigeants du groupe de chimie et pour une partie du conseil d'administration, opposés à cette opération de rapprochement pour laquelle ils n'ont pas été consultés.

Un succès majeur dans la bataille juridique avec Sika ?

"Avec la confirmation de la clause d'exemption, Schenker Winkler Holding AG est parvenue à un succès majeur dans ses batailles juridiques avec Sika AG", estime la holding, favorable à une cession des 16,1 % du capital (et 52,4 % des droits de votes) à Saint-Gobain. Pierre-André de Chalendar, le président-directeur général du géant français des matériaux de construction, estimait, le 16 février dernier : "La famille va faire valoir ses droits. Je suis très confiant à cet égard et je fais pleine confiance à la justice". La décision de la Commission suisse semble donc lui donner raison. Les tractations, menées dans le plus grand secret à la fin de 2014, avaient amené Saint-Gobain à proposer 2,3 Mrds € aux cinq héritiers de Sika contre la cession du capital et surtout des droits de vote.

 

 

Mais, si Pierre-André de Chalendar espère toujours boucler rapidement cette prise de contrôle, la guérilla que lui opposent des actionnaires toujours plus nombreux, va continuer à le ralentir. La Fondation Ethos, organisation actionnariale suisse qui représente des fonds de pension, a déposé une résolution pour la prochaine assemblée générale de Sika, proposant que la clause d'exemption soit retirée des statuts de la société. La bataille n'est donc toujours pas terminée.

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