L'industrie cimentière cherche à réduire son empreinte environnementale et sa facture énergétique en brûlant de nombreux déchets pour alimenter ses fours et se substituer aux combustibles fossiles. A Martres-Tolosane (Haute-Garonne), l'usine Lafarge vient d'inaugurer un atelier de valorisation énergétique de pneus usagés, qui permet au site de revendiquer un taux de substitution de 40 %.

C'est une démarche que Lafarge France généralise à l'ensemble de ses sites industriels de production du ciment. Après Saint-Pierre-la-Cour (Mayenne), qui avait inauguré un atelier de déchets solides broyés en mars 2016, c'est au tour de l'unité de Martres-Tolosane (Haute-Garonne), de faire une partie de sa transition énergétique. Son four est désormais en partie alimenté par un combustible alternatif : des pneus usagés.

 

Augmenter le taux de substitution aux énergies fossiles

 

Ces déchets, récupérés sur le territoire proche de la cimenterie, seront doublement valorisés : la fraction combustible (composée d'hydrocarbures polymérisés) constitue un apport énergétique non négligeable, tandis que la fraction minérale (trame d'acier des pneus) constitue un apport de matière qui se substitue aux matériaux de carrière. D'où de multiples avantages environnementaux : le procédé permet d'économiser des matières premières non renouvelables tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre. Localement, les déchets de pneumatiques sont collectés et détruits, plutôt que d'être entreposés ou enfouis dans des décharges. Enfin, économiquement, la valorisation énergétique réduit les importations françaises de combustibles fossiles, tout en améliorant la compétitivité de la cimenterie.

 

Cimenterie pneus
Les pneus sont chargés avant d'être acheminés par le convoyeur © Lafarge France

 

En tout, 8.000 tonnes de pneus seront traitées chaque année, représentant 15 % de l'apport thermique du four. Le reste des apports sera constitué de coke de pétrole, mais également d'autres combustibles alternatifs comme les déchets solides broyés, les semences déclassées, les résidus de bois, des huiles usagées et même des eaux de lavage. En février dernier, le Syndicat français des industries cimentières précisait que la proportion de ces combustibles n'avait cessé de progresser au cours des années : si elle était de moins de 5 % dans les années 1990, elle atteignait presque les 36 % en 2014. Cette année-là "950.000 tonnes de déchets énergétiques ont été (…) valorisées ce qui a permis d'économiser l'importation de 500.000 tonnes d'équivalent pétrole".

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