Déployé depuis 2011 par l'Anah, le programme «Habiter mieux» doit permettre de lutter contre la précarité énergétique. Le dispositif commencerait à porter ses fruits : 13.000 logements ont été rénovés et 30.000 personnes ont bénéficié des aides. Le chemin est cependant encore long pour atteindre l'objectif de 300.000 logements rénovés d'ici à 2017. D'autant qu'un déficit d'information est constaté.

Selon l'Agence nationale de l'habitat (Anah), le programme «Habiter mieux» donnerait des premiers résultats encourageants. A la fin du mois de septembre 2012, environ 13.000 logements avaient été rénovés (dont 6.300 lors des seuls 9 premiers mois de l'année) grâce aux aides débloquées.

 

Déployé depuis 2011, le programme couvre aujourd'hui près de 100 % des communes du territoire métropolitain. Deux constats s'imposent : tout d'abord, le ciblage des «passoires thermiques» a permis d'engager une résorption forte de l'habitat privé le plus énergétivore. Ainsi, plus de 90 % des logements aidés ont gagné au moins une étiquette de classe énergétique après les travaux (60 % gagnent un niveau, 21 % en gagnent deux et 7 % trois ou plus). Le parc des logements classés en F ou G, les moins bonnes notes, passe de 66 % à 26 % après travaux. Le gain énergétique moyen conventionnel est de 39 %, ce qui dépasse de 14 points le seuil des 25 % exigé dans le cadre du programme.

 

Deuxième constat de l'Anah : le comportement des ménages change et conduit au choix des travaux de rénovation thermique les plus performants. L'accompagnement des bénéficiaires (conseils et financements) les a incités à se concentrer sur l'isolation des combles ou sur le système de chauffage, des travaux plus impactant que le changement des portes et des fenêtres. Les co-financements ont notamment permis à de nombreux foyers d'engager des travaux qu'ils n'auraient pu envisager seuls. Ainsi, les 23,74 millions d'euros de primes « Investissement d'Avenir » engagés auront permis la réalisation de 234,6 millions d'euros de travaux.

 

Une montée en charge nécessaire
Si le programme fonctionne, l'Anah estime désormais qu'une accélération s'impose. Les personnes susceptibles de bénéficier des aides ne les identifieraient pas encore assez. Une mobilisation accrue de la part des acteurs locaux serait donc demandée (élus de proximité, acteurs sociaux, services de l'Etat, artisans, fournisseurs d'énergie). Des opérations porte-à-porte (voir l'encadré ci-dessous) amélioreraient la visibilité, notamment grâce à l'utilisation des emplois d'avenir qui apporteraient un appui utile aux collectivités et associations.

 

Rappelons qu'en France, 3,8 millions de ménages sont en situation de précarité énergétique. Près de 90 % se situent dans le parc privé et 62 % des occupants sont propriétaires. Il s'agit en général d'une population âgée en zone rurale qui se loge dans des maisons anciennes, datant d'avant 1975 (date de la 1re réglementation thermique). La rénovation énergétique a pour l'instant surtout concerné l'ouest et le nord du pays (voir la carte).

 

Une camionnette itinérante sillonne les Côtes-d'Armor
Afin de partir à la rencontre des personnes en situation de précarité énergétique, une camionnette itinérante « Au bon logement » sillonnera les Côtes-d'Armor jusqu'au mois d'avril 2013. « Les plus modestes méconnaissent les dispositifs d'aides qui leurs sont réservés et ne sont pas dans une dynamique de projet de rénovation », indique à l'AFP, Philippe Morice, directeur de l'association Pact-Habitat Développement 22, à l'origine de l'opération. La camionnette se rendra dans 360 points de rencontre comme des marchés ou des comices agricoles (assemblées de fermiers) pour se rapprocher de ces populations et les convaincre d'entamer des travaux en les informant des aides auxquelles elles peuvent prétendre.
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