Les premières mesures retenues par Cécile Duflot dans le cadre de la démarche Objectifs 500.000 ont été positivement accueillies par les professionnels de la construction. Cependant, ils restent dans l'attente de la concrétisation de certaines, comme le Conseil supérieur de la construction, ou encore le futur label environnemental.

Cinq organisations professionnelles* ont exprimé ce vendredi, dans un communiqué commun, leur satisfaction suite aux premières mesures retenues par la ministre du Logement dans le cadre du programme Objectifs 500.000. Celles-ci concernent dans un premier temps la régulation des normes et réglementations, ainsi que les matériaux innovants.

 

S'ils saluent l'avancée réelle de la décision de créer "une gouvernance plus participative en matière de création de normes", ils disent rester "attentifs" à sa mise en place concrète. De la même façon, le train de 50 mesures de simplification annoncé est une bonne chose, selon eux, mais ils attendent d'en connaître les contours exacts et le calendrier de leur mise en œuvre. En attendant l'adoption d'autres mesures qu'ils ont préconisées au cours des groupes de travail…

 

Dubitatifs quant au nouveau label environnemental
Dernier bémol sur lequel ils souhaitent être particulièrement vigilants : le nouveau label environnemental prévu pour 2015. Ils mettent en garde contre un champ très large qui pourrait augurer d'une "grande complexité". Surtout, il ne faudrait pas qu'il génère un surcoût, préviennent-ils. Et d'insister sur son caractère "volontaire" afin que les acteurs puissent se l'approprier à leur guise.

 

Pour sa part, Jean-Jacques Queyranne, président du Collectif Effinergie, a qualifié de "message négatif adressé aux acteurs du bâtiment" le report de la signature des labels HPE et THPE, attendus par la profession, "au moment même où la ministre annonce sans concertation la création d'un nouveau label de performance énergétique qui semble d'une particulière complexité et d'une efficacité hasardeuse". Du coup, il propose d'intégrer dans ce futur label "à minima les référentiels Effinergie+ et Bepos-Effinergie".

 

Les architectes sur la même longueur d'onde
De son côté, la présidente de l'Ordre des architectes nous a indiqué que son organisation était également satisfaite des mesures retenues par la ministre, et notamment en termes d'engagements de sa part sur des notions comme le confort d'usage ou l'aspect territorial. "Nous notons une réelle sensibilité au terrain et à l'usager dans les mesures prises, cela va dans le bon sens", a constaté Catherine Jacquot. Elle a aussi salué "l'articulation interministérielle indispensable" qui va se mettre en place sous la forme du Conseil supérieur de la construction.

 

Si le consensus était de mise sur la refonte du système des normes, le CNOA a toutefois regretté que certains aspects ne soient pas abordés, relatifs notamment aux règles d'urbanisme particulièrement bloquants pour la construction. "Cela dit, Objectifs 500.000 est tout à fait complémentaire avec le titre IV de la loi Alur [volet urbanisme qui aborde ces problématiques, ndlr]", remarque Catherine Jacquot. Quant au futur label environnemental, elle a estimé que son aspect "volontaire" doit être un impératif. "Il encouragera les plus performants et surtout c'est bien qu'il soit élargi à des notions telles que la consommation d'eau ou le traitement des déchets", détaille-t-elle.

 

L'innovation, moteur de la démarche
La présidente de l'Ordre a également reconnu que la démarche vers le Bâtiment 2.0 était une bonne chose. "Il reste beaucoup à faire, et je trouve très ambitieux de rendre la maquette numérique obligatoire dans les marchés publics dès 2017. Mais il va falloir y mettre du sien !", sourit-elle.

 

Enfin, elle s'est dite particulièrement favorable au développement de filières de nouveaux matériaux. "Il y a de nombreuses innovations à créer dans les corps d'état secondaires. Je pense à la menuiserie extérieure, à l'électricité, la plomberie, les revêtements de sols ou la plâtrerie… En tant qu'architectes, nous sommes très intéressés par ces nouveaux matériaux que ne proposent pas aujourd'hui les grandes entreprises générales qui ont orienté l'innovation à leur façon, et de fait a conduit à une rigidification des modes constructifs en France". Et de conclure : "Dans tous les cas, si ces mesures ont le mérite d'exister, on peut s'interroger sur le fait qu'elles soient de réels leviers pour la construction de 500.000 logements. Nous attendons de voir…".

 


*Capeb, FFB, Union des maisons françaises, Union sociale pour l'habitat, Fédération des promoteurs immobiliers
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