Depuis l'acquisition d'Isolat France par le canadien Icynene, l'entreprise spécialisée dans les mousses isolantes projetées dispose de nouveaux moyens pour son expansion. Thierry Louis, son fondateur et directeur général, nous explique ses nouvelles ambitions pour le marché français.

L'acquisition d'Isolat France par Icynene, au mois de septembre 2017, devrait lancer une nouvelle dynamique pour les mousses isolantes projetées dans l'Hexagone. Thierry Louis, le directeur général d'Isolat, nous raconte : "L'entité issue de la fusion dispose de plusieurs avis techniques pour les mousses rigides avec des utilisations sur les sols, les planchers en bois, les murs, en sous-face et dans les vides sanitaires. Pour les mousses à cellules ouvertes, nous obtiendrons également, dans les deux ans, des avis techniques pour les murs, les sous-faces et les rampants de toiture". Les démarches seront lancées en 2018 tandis que des certifications QB seront demandées en 2019, avec la réalisation de chantiers tests. La société entend clairement venir concurrencer les isolants fibrés (laines minérales) en faisant valoir ses atouts.

 

Une durée de vie longue

 

"Nous détenons pour l'instant 5 % du marché français de l'isolation, avec environ 10.000 tonnes par an. Mais ce chiffre est en forte croissance puisque désormais c'est l'efficience thermique qui est recherchée", poursuit le responsable. Il énumère les avantages des mousses isolantes projetées : leur mise en œuvre est rapide, quelques heures suffisent à en enduire dans tout un bâtiment. La durabilité de la solution est un autre argument mis en avant : "Grâce à l'adhésion sur le support, la mousse ne se tasse pas dans le temps. Nous avons un retour d'expérience de 30 ans sur ces produits, très connus en Amérique du Nord". C'est pourquoi la société offre une garantie de 25 ans, bien supérieure à la garantie décennale. "Le produit est fabriqué in-situ, il règle les problèmes d'humidité, d'étanchéité, de fuite… et sans tassement, il réduit les sinistres notamment liés aux carrelages", insiste le directeur général.

 

Deux types de mousses sont proposés : les mousses rigides (Isolat) et les mousses à cellules ouvertes (Icynene), arrivées plus récemment en France. Les premières utilisent un gaz pour réaliser leur expansion tandis que les secondes utilisent de l'eau. Ce gaz, qui est pour l'heure très impactant sur l'effet de serre (HFC), devrait être remplacé en 2019 par un autre composé hydrofluoré (HFO), afin d'anticiper l'évolution de la réglementation européenne. Les mousses rigides présentent une performance supérieure en termes d'isolation mais celles à cellules ouvertes offrent une perspirance utile aux structures bois, ainsi qu'une meilleure atténuation acoustique. Quant au coût, il est équivalent entre elles et légèrement supérieur à celui des isolants fibrés. Thierry Louis nous précise : "Nous nous plaçons sur l'efficience et l'étanchéité à l'air, dans la perspective de la future réglementation 2020".

 

Une filière de recyclage à développer

 

Et l'industriel ne semble pas inquiet par les questions de recyclage du polyuréthane : "Cette mousse se recycle. En Savoie notamment, une filière existe déjà, pour le PU des frigidaires et chauffe-eau. Il ne fait pas de doute que des choses similaires se mettront en place à l'avenir". Isolat-Icynene insiste sur la durée de vie extrêmement longue de ses produits, mais reconnaît qu'il est difficile pour l'heure de dissocier la mousse de son support, ce qui amène les matériaux enduits à finir en décharge. "Outre-Atlantique, où la construction bois est très développée, il est courant de désolidariser les éléments", répond le directeur général.

 

Thierry Louis précise : "Nous nous adressons aux deux marchés, même si pour l'instant notre activité est réalisée à 80 % dans la construction neuve et seulement 20 % dans la rénovation. Nous comptons bien être présents sur ce segment". La solution - technique - nécessitera donc de nouveaux applicateurs pour être mise en œuvre. Aujourd'hui, une quarantaine de concessions existent en France représentant une capacité d'une soixantaine de chantiers par jour. Le directeur général anticipe : "Notre but est de créer une dizaine de concessions de plus dans les trois ans, principalement dans les régions où nous sommes absents, Bretagne, Ouest et Centre". Les mousses isolantes projetées devraient bien bénéficier de la synergie entre Icynene et Isolat pour évoluer sur le marché français.

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