Projet de loi sur la création architecturale et le patrimoine, qualification RGE et enfin ingénierie publique... Voici les trois préoccupations qui ont été évoquées par le syndicat d'architecture Unsfa au cours d'un entretien, ce lundi, avec la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse. Décryptage avec son président, Régis Chaumont.

Reçus ce lundi 23 mai 2016 par la ministre du Logement, Régis Chaumont et Marie-Françoise Manière, respectivement président et membre du bureau national de l'Unsfa, ont eu l'opportunité d'exprimer leurs interrogations. Au menu : projet de loi CAP qui arrive au Sénat ce mardi, qualification RGE et enfin ingénierie publique…

 

La loi CAP à l'épreuve du Sénat ce mardi

 

Alors qu'effectivement, le texte porté par le ministère de la Culture sera discuté en deuxième lecture en séance au palais du Luxembourg, du mardi 24 au jeudi 26 mai 2016, les modalités du permis d'aménager ont été abordées par l'Unsfa avec Emmanuelle Cosse.

 

Si certains points sont d'ores et déjà acquis, comme le seuil de 150 m², l'article 26 quater, de la loi CAP sur le permis d'aménager, demeure un sujet épineux. "La ministre du Logement comprend tout à fait la position des architectes sur leur capacité à traiter le volet paysager", a précisé Régis Chaumont, président de l'Unsfa.

 

Rappelons que Patrick Bloche, député et rapporteur du texte, nous expliquait en mars dernier : "Sur le permis d'aménager, le mot architecte a bien été ajouté dans le texte, un souhait effectivement de l'Ordre des architectes. S'agissant, du montant du seuil, rien n'a été fixé, avant de probables futures réunions interministérielles pour définir les périmètres du plancher."

 

Autre préoccupation évoquée : la rénovation et la qualification RGE. "La ministre, comme ses prédécesseurs, a confirmé que la qualification RGE n'était pas nécessaire à notre profession", précise Régis Chaumont. Nos clients peuvent donc bénéficier des aides de l'Etat pour le financement de leurs travaux de rénovation."

 

Avant d'ajouter : "La ministre du Logement a été très sensible au réseau d'architectes en rénovation globale que l'Unsfa est en train de constituer et nous a encouragé à communiquer fortement sur celui-ci et sur la capacité des architectes à apporter une réelle valeur ajoutée à la rénovation des bâtiments (de confort, d'usage, patrimoniale etc…)"

 

Vers des agendas de la rénovation

 

C'est pourquoi l'Unsfa a proposé à Emmanuelle Cosse d'établir des "agendas de la rénovation" issus d'un diagnostic global, "qui permettent aux maîtres d'ouvrage de programmer des travaux successifs et cohérents". "Une proposition que la ministre a très favorablement accueillie", se félicite Régis Chaumont.

 

Enfin, sur les "dangers de l'ingénierie publique", l'Unsfa compte "convaincre et prouver que la maîtrise d'œuvre privée existe sur tout le territoire, apporte toutes les compétences nécessaires et participe à la vie économique locale, chère aux élus."
actionclactionfp