Mieux se déplacer, c'est aussi pouvoir mieux s'orienter. Alors que l'on va vers une simplification des normes d'accessibilité, l'Afnor publie un premier document normatif sur la signalétique adaptée à tous les handicaps. Une problématique également prise à bras le corps par des bureaux d'études spécialisés comme Locomotion. Explications.

"Permettre à tout visiteur de s'orienter, de se diriger et de s'informer, partout et dans la plus grande autonomie possible", voilà l'objectif du nouveau guide publié par l'Afnor (organisme de normalisation). Elaboré avec 28 organisations*, il est le premier document normatif sur la signalétique adaptée à tous les handicaps dans les ERP.

 

Une signalétique réussie pour profiter à tous
Collectivités locales, industriels, architectes, maîtres d'œuvre et autres gestionnaires d'Etablissements recevant du public, ce guide, sans contrainte d'utilisation, propose des solutions pour une signalétique précise, cohérente et exhaustive. Il se veut être une "boîte à outils" complète dans laquelle les acteurs peuvent piocher pour améliorer le quotidien et la circulation des personnes à mobilité réduite. Handicaps visuel, auditif, moteur, psychique, mais aussi femmes enceintes, personnes âgées, à forte corpulence, de petite taille ou illettrées ou ne maîtrisant pas la langue française… l'ensemble de la population peut tirer profit d'une signalétique réussie et bien pensée.

 

Pour cela, la signalétique doit informer, aider à circuler et à optimiser les déplacements de chacun. Le référentiel de l'Afnor tente d'apporter des éléments de réponse sur la visibilité et la lisibilité des pictogrammes, sur la perception et la compréhension des messages, sur l'ambiance et le balisage sonore, sur l'incidence de la lumière, sur le choix des supports d'information, des caractères, des couleurs… Autant de composantes qui participent à une signalétique optimisée et efficace.

 


4 questions à Laurence Guichard, dirigeante de Locomotion, bureau d'études spécialisé en signalétique
Créé en 2008, Locomotion est un bureau d'études signalétique, qui intervient tant en amont qu'en aval des projets de construction et de réhabilitation de bâtiment.

 

signalétique - laurence guichard
signalétique - laurence guichard
Batiactu : Quelles sont les missions de votre société ?
Laurence Guichard :
Nous intervenons en amont du projet, au moment de son élaboration avec les architectes et la maîtrise d'oeuvre. Le but est de comprendre comment l'on circule dans le bâtiment et comment le visiteur peut être guidé le mieux possible. Cela passe donc par une phase d'analyse des flux, de définitions des typologies des supports, de connaissance des comportements, mais aussi par une appréhension parfaite de la loi handicap de 2005 et des nombreuses contraintes qu'elle engendre. Tout cela contribue à l'élaboration d'un cahier des charges bien précis dans lequel la perception et l'ambition architecturale doit jouer un rôle important.

 

Une fois ce programme rédigé (CCTP), place au choix des fournisseurs potentiels et à l'analyse de leurs offres. Puis, nous reprenons la main au moment même du chantier en veillant à assurer un suivi critique et prospectif des sous-traitants en charge du lot signalétique, et ce jusqu'au stade des opérations de réception des ouvrages. Au final, nous proposons un véritable rôle de maître d'œuvre.

 

Batiactu : Avez-vous davantage de demandes avec l'imminence de
l'entrée en vigueur de la loi de 2005?
L. G. :
Absolument. Notre activité s'est accrue ces derniers temps. C'est vraiment un métier nouveau, d'autant que la signalétique est devenue extrêmement pointue. Elle marque certes la fin de la créativité, mais l'avènement de la technique et de la fluidité. Cependant, nous ne sommes pas spécialisés dans la signalétique PMR uniquement, mais je n'imagine pas de système de signalétique sans intégration d'une dimension accessibilité.

 

Batiactu : Quel est le secret d'une signalétique réussie ?
L. G. :
Elle doit être le mieux possible intégrée à l'architecture du bâtiment. Plus elle est en adéquation avec les envies de l'architecte, mieux c'est. Pour moi, le support de la signalétique, c'est l'architecture même du lieu. En ce qui concerne le travail de Locomotion, il s'attache à éviter qu'il y ait trop de supports, que le style soit le plus épuré possible pour une intégration parfaite, et surtout que la signalétique soit adaptée à tous les handicaps.

 

Batiactu : Sur quels types de projets intervenez-vous ?
L. G. :
Il est vrai que nous sommes très sollicités, car à ma connaissance, il n'existe que très peu de sociétés comme la nôtre. Aussi, les projets qui nous sont confiés peuvent être très importants, comme celui du MuCem, du ministère de la Défense à Balard, le Palais de la Porte Dorée à Paris, la Maison de la Radio, la Fondation Louis Vuitton, le centre commercial Beaugrenelle, les Docks de Marseille, la Fondation Aga Khan de Toronton ou encore le Stade Bollaert de Lens. Des bâtiments divers et variés qui montrent toute la panoplie de notre activité.

 


*YNAFEL, Confédération française de la promotion sociale des aveugles et des amblyopes (CFPSAA), UMIH, Eo Guidage, Ascaudit, Délégation ministérielle à l'accessibilité, RATP, BUCODES, Lafat Signalétique, SNCF

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