CHANTIER

L’Opéra Bastille se refait une beauté (diaporama)

C’est à la suite d’une malfaçon dans l’agrafage des pierres calcaires qui recouvraient les façades de l’Opéra Bastille, ainsi qu’à des imperfections de la pierre elle-même, que des travaux de rénovation ont été engagés. Détails de ce chantier qui aura duré deux ans.



Inauguré en 1989, à l’occasion de la célébration du bicentenaire de la Révolution Française, et conçu par l’architecte Carlos Ott, ce bâtiment connaît très vite des problèmes techniques sur sa façade. En effet, au début des années 90, les plaques de 90 x 90 cm de pierre calcaire mince se décollent par endroits. Une situation qui s’aggrave en 1996 avec la chute d’une pierre qui heureusement ne fait aucun blessé, mais «nous oblige à installer des filets», explique Gérard Helwig, Directeur des Bâtiments et Investissements de l’Opéra national de Paris. Plusieurs expertises se sont donc succédé sur une douzaine d’années afin d’identifier la cause de ces problèmes et trouver la solution de rénovation adaptée. Ces dernières finissent par mettre en avant une exécution défectueuse des travaux de pose des plaques de pierre et relèvent également des imperfections des matériaux liées à l’histoire tectonique du massif où ont été prélevés les blocs de pierre. «Ces blocs venaient de la carrière des Abrots, située à Chassigneulles dans l’Yonne. Aujourd’hui, elle est fermée», souligne Gérard Helwig.

28.000 m2 de façades à rénover

L’Opéra national lance alors un appel d’offres afin de rénover l’ensemble de la façade, soit 28.000 m2, et définit certains critères tels que la qualité de la pierre et le respect du calepinage qui doit être comme à l’origine. De plus, des critères de performance et de sécurité sont également fixés, tels que «les matériaux qui devaient être soit des pierres posées conformément au DTU 55.2, soit des plaques composites bénéficiant d’un avis technique valide du CSTB», ajoute le directeur. Une certification reVETIR* minimale a également été exigée, ainsi que le classement minimal au feu de niveau M1. C’est donc la solution du minéral composite de l’industriel CAREA, spécialisé dans le revêtement de façade et l’isolation thermique par l’extérieur qui a été choisie.

Une pose à l’identique
Les travaux ont donc consisté à déposer la pierre initiale et l’isolant d’origine, puis à mettre en œuvre les éléments sur le principe du bardage. Une ossature aluminium a ainsi été fixée sur la façade, puis recouvertes par des plaques de 90 x 90cm. Un isolant thermique et phonique de laine de verre a également été placé entre le mur et le parement dont il est séparé par une lame d’air continue et ventilée. «La pose a été réalisée à joints filants, verticaux et horizontaux», continue Gérard Helwig. De plus, une solution pour la protection des soubassements a été proposée par l’industriel avec une Dalle CAREA Q4. Cette dernière est très résistante aux «agressions» (tags, graffitis…) et est posée sur une hauteur de 3 mètres, en périphérie de l’ensemble du bâtiment.

Ainsi, après des années d'expertises, de contre expertises, et des batailles judiciaires, la façade de l'Opéra national de Bastille a retrouvé une seconde jeunesse.

*Classement pour l’isolation par l’extérieur portant sur 7 caractéristiques : R : facilité de réparation ; E : facilité d’entretien ; V : résistance ; E : étanchéité à l’eau de pluie ; T : tenue aux chocs ; I : incendie et comportement au feu ; R : résistance thermique.

Inauguration de l’Opéra : 13 juillet 1989
Durée du chantier : 2 ans
Fournisseur des plaques : CAREA
Entreprises : Groupement d’entreprises XL Développement et Unimarbre
Poids au m2 : 30 kg
Coût du chantier (dépose, pose…) : 8 millions d’euros
Coût de pose des couvertines d’acrotères (solution d’habillage de têtes de murs) : 700.000 euros

Aude Moutarlier (21/01/2010)


 




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