C'est une véritable renaissance que vient de connaître la gare Saint-Lazare, monument parisien immortalisé par Monet et par Queneau dans les « Exercices de style ». Après 10 ans de travaux, le plus grand chantier de Paris touche à sa fin. La gare SNCF rénovée, plus lumineuse, offre désormais des espaces commerciaux de 10.000 m² à ses 450.000 utilisateurs quotidiens. Reportage.

Le chantier de la gare Saint-Lazare, 2e gare d'Europe après la gare du Nord - autre gare parisienne - a été le plus grand projet de rénovation lancé par la SNCF depuis 15 ans et le plus grand chantier de la capitale ces deux dernières années. Une opération hors normes pour, à la fois, valoriser un patrimoine architectural historique, conçu au 19e siècle, et l'adapter aux attentes et besoins des voyageurs du 21e siècle. Le tout à réaliser en exploitation, au milieu de 450.000 usagers transitant par la gare quotidiennement et en plein cœur de Paris, sans bouleverser le trafic des quelque 1.600 trains journaliers. Une gageure, relevée à la fois par les architectes de la SNCF « Gares & Connexions » (François Bonnefille), par ceux d'AREP (Jean-Marie Duthilleul, Etienne Tricaud) et ceux de DGLa (Philippe Gorce, Thierry de Dinechin) ainsi que par Spie Batignolles, qui a réalisé les travaux.

 

Construite en 1867, remaniée dans les années 1885-1889 et restaurée en 1936, la gare Saint-Lazare n'avait pas connu de rénovation importante depuis 1970. Elle ne répondait donc plus à la qualité d'accueil et de service attendue par les voyageurs depuis la fin des années 1990, date du démarrage du projet. Après plusieurs années d'études, le chantier est « lancé en 2003, avec le réaménagement profond du quai transversal (sol, plafond de la halle, ambiance lumineuse) et l'aménagement de la cour d'Amsterdam », précise l'architecte François Bonnefille (SNCF Gares & Connexions). « Puis le chantier s'est poursuivi avec le cœur de gare. Deux thèmes ont prévalu : l'adaptation-modification des échanges métro-gare, qui étaient trop complexes, ceci afin de redimensionner la connexion ; et, en parallèle, l'introduction d'une offre commerciale importante ».

 

Une intervention très lourde
Le chantier du cœur de gare, mené entre 2009 et 2012, a donc consisté à creuser une faille très profonde dans la salle des pas perdus, jusqu'à atteindre le niveau des métros. Cette solution a permis à la fois d'installer des circulations verticales, sous la forme d'escalators et d'ascenseurs, et d'inonder les niveaux ouverts de lumière naturelle, ceci grâce à la verrière datant du 19e siècle - habilement préservée et rénovée. « En fait, de la gare, nous avons gardé la coque historique afin d'en faire une gare lumineuse, qui a une âme », déclare Guillaume Pépy, le président de la SNCF. A chaque niveau (celui du métro, celui de la rue et celui des quais), des espaces commerciaux ont été créés ; en tout, 10.000 m² cédés pour 40 ans en concession à Klépierre, qui a, en contrepartie, financé une grande partie des travaux.

 

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