La céramique, matériau vedette de la ville de Limoges, prend une toute nouvelle ampleur. Jusqu’ici cantonné à l’univers des arts de la table, le matériau vient en effet d’être utilisé dans contexte complétement différent. Afin de le valoriser, une dizaine d’industriels - Porcelaine Pierre Arquié, Mérigous, Raynaud... - implantés dans le Limousin ont en effet eu l’idée de se l’approprier et de s’en servir pour fabriquer du mobilier urbain.
Pendant deux ans, ils ont ainsi étroitement collaboré avec des designers - Jérôme Pouey, Régis Courtoux, par exemple, ou bien encore Marc Aurel - et des professionnels du traitement de surface afin de réfléchir aux réalisations possibles et, surtout, d’évaluer leur faisabilité technique. Un travail fastidieux supervisé par le Craft (Centre de Recherche sur les Arts du Feu et de la Terre) et soutenu par la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Haute-Vienne et le PEC (Pôle Européen de la Céramique).
13 prototypes
Très vite, les différents partenaires se sont rendus compte que la céramique présentait, de par ses qualités intrinsèques, un "vrai" potentiel.
"La céramique a des propriétés méconnues, explique Grégoire Carlier du Pôle Européen de la Céramique.
Non seulement elle résiste très bien aux intempéries, aux graffitis et aux rayures mais, en plus, elle présente une bonne stabilité thermique, ce qui signifie que même à l’extérieur, elle va bien résister dans le temps. Pour couronner le tout, elle offre aux villes une plus value esthétique".

Didier Boy de la Tour - Marc Aurel Studio ©
Au final, la réflexion a été extrêmement fructueuse puisqu’elle a abouti à la création de treize prototypes : de la signalétique, des claustras, des assises, des jardinières, des luminaires... Une grande diversité qui prouve que la céramique peut avoir une réelle utilité dans le paysage urbain.
Les produits sont aussi l’occasion de découvrir la céramique sous des aspects complètement inattendus : tantôt elle forme un maillage souple sur lequel on peut s’asseoir ou sertir un banc en bois, tantôt elle vient coiffer les poteaux destinés à limiter ou interdire le stationnement en milieu urbain ou habiller un panneau d’arrêt de bus.
Après avoir été exposés en avant-première au mois de septembre à l’hôtel de Région du Limousin, les prototypes viennent d’être présentés sur le salon Batimat. Reste maintenant à convaincre les municipalités de les adopter.
Pour découvrir les prototypes fabriqués dans le cadre du projet "Urbacer", cliquez sur les pages suivantes.