Dans la foulée d'une année 2012 jugée satisfaisante, l'entreprise de travaux publics filiale du groupe Bouygues anticipe d'ores et déjà une année 2013 "stable". Elle pourra justement compter sur son activité ferroviaire qui s'exprime plus largement à l'international et sur l'achèvement des projets municipaux avant les élections de 2014. "Après 2013, c'est l'inconnu et c'est plus inquiétant", nous a confié, Hervé Le Bouc, P-DG de Colas.

2012 a donc été une année satisfaisante pour Colas dans un contexte économique maussade. "Notre chiffre d'affaires de l'exercice 2012 s'établit à 13 milliards d'euros, en hausse de 5% (+3% à périmètre et taux de change constant)", nous détaille Hervé Le Bouc, P-DG de la filiale du groupe Bouygues. Quant au résultat opérationnel, il atteint 406 millions d'euros (en repli de 13%), ce qui place la marge opérationnelle à 3,1% contre 3,8% en 2011.

 

Importants succès commerciaux en France
En France métropolitaine, l'entreprise de travaux public enregistre un chiffre d'affaires pour ses activités "route" de 5,2 milliards d'euros, en légère hausse de 1%. L'année 2012 a été caractérisée par d'importants succès commerciaux, dont le contrat de PPP pour le futur contournement ferroviaire de Nîmes-Montpellier - prise de commandes de 310 millions d'euros pour Colas-, l'extension de la ligne 1 du métro d'Alger -prise de commande de 46 millions d'euros pour Colas Rail- et le contrat d'entretien de la voirie du centre de Londres pour une durée de 8 ans.

 

"Toutefois, si l'on tient compte d'une inflation des coûts de production - bitume, énergie, matières premières- de l'ordre de 4 %, l'activité en volume est d'environ 3 %", explique Hervé Le Bouc. Ce qui représente une quatrième année de baisse consécutive.

 

Rationalisation depuis le 1er janvier 2013
Au final, une nouvelle organisation opérationnelle s'est installée au 1er janvier 2013. Jusqu'à présent basée sur 16 filiales régionales - sept filiales Colas, trois filiales Sacer et six filiales Screg-, l'activité routière de Colas en France métropolitaine s'appuie désormais sur sept filiales régionales, sous la marque unique Colas.

 

Ce projet, "vise à simplifier et à rendre plus efficace" le fonctionnement de l'entreprise et "se place dans la continuité de l'évolution conduite depuis plusieurs années en France métropolitaine", tient à faire savoir Colas, comme la mise en place d'Echangeurs régionaux (des centres de services partagés), la création de sociétés régionales d'exploitation de carrières communes aux trois marques, cessions ponctuelles de fonds de commerce entre filiales, etc.

 

Autre lueur d'optimisme : l'année 2013 s'annonce favorable avec un carnet de commandes en hausse de 5% (3,5 milliards au 31 décembre, toutes activités confondues). "Malgré un contexte incertain, le carnet bénéficiera, en effet, de la poursuite de grands chantiers à l'image de l'A63, de projets de transports en commun urbains et de l'achèvement de nombreux projets avant les élections municipales de 2014", analyse le PDG de Colas.

 

En 2013, l'entreprise pourra également compter sur son activité ferroviaire qui bénéficiera du plan de remise à niveau du réseau mené par Réseau Ferré de France et des projets de tramways en cours, ainsi que de nombreuses opportunités à l'international.

 

Et pour 2014 ? "C'est plus inquiétant. Il faudra, tout d'abord, laisser le temps aux équipes communales, nouvelles ou reconduites, de se mettre en place ; il faudra également constater quel sera l'état de la mise en place de l'acte 3 de la Décentralisation… Et nous réagirons en fonction de ces échéances."

 

L'international la locomotive de l'entreprise Colas
A l'international, le carnet de commandes de Colas lui permet de commencer l'année 2013 dans de bonnes conditions, notamment dans une "conjoncture économique toujours caractérisée par une faible visibilité." Les hypothèses retenues concernant l'évolution des principaux marchés de Colas en 2013 sont les suivantes : un marché aux Etats-Unis qui devrait bénéficier du nouveau plan pluriannuel d'infrastructures voté en juin 2012, d'une légère reprise de l'économie américaine et d'une amélioration des indicateurs avancés de la construction; un chiffre d'affaires qui restera élevé au Canada en 2013, mais en retrait par rapport au niveau record de 2012, dans un marché canadien toujours porteur à moyen terme ; une activité en Asie/Australie qui présente de bonnes perspectives. A souligner, en effet : la très bonne performance de la zone Asie/Australie -+35% de CA en 2012- grâce notamment aux ventes de produits bitumineux.
De plus, l'activité dans les autres zones d'implantation (Europe, Afrique et Océan Indien, Départements d'Outre-mer) ne devrait pas connaître de variation sensible.
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