Le groupe de BTP et concessions a publié un chiffre d'affaires 2015 de 38,5 milliards d'euros, quasiment inchangé par rapport à 2014. Il table désormais sur une progression de son résultat opérationnel en 2016.

La barre des 40 milliards d'euros ne devrait pas être franchie prochainement par Vinci. Le groupe, qui présente ses résultats pour l'exercice écoulé, affiche un chiffre d'affaires stabilisé à 38,5 Mrds € (-0,5 %), un résultat net en recul à 2,04 Mrds € (-17,7 %) mais un bénéfice net en hausse (+10,7 %). Il explique : "Dans un marché en voie de stabilisation en France, et toujours incertain dans certaines zones à l'international, la priorité des entreprises de Vinci demeure l'amélioration des marges avant la recherche des volumes". D'où une possible "légère diminution du chiffre d'affaires global à structure comparable, mais à une progression du résultat opérationnel et du résultat net" en 2016, promet-il.

 

L'an passé, le chiffre d'affaires de la branche Concessions, a atteint les 5,8 Mrds € (+4,3 %), porté par une hausse des activités aéroportuaire (+11,3 %) et autoroutière (+2,9 %). La fréquentation des axes routiers a augmenté en 2015 (+3 %), qu'il s'agisse de véhicules légers (+2,9 %) ou de poids lourds (+3,3 %), en raison de la baisse des prix des carburants et de la reprise de l'activité économique en Espagne.

 

Du côté de l'activité Contracting (Vinci Construction, Vinci Energies, Eurovia), le chiffre d'affaires est en baisse, à 32,6 Mrds € (-1,1 %). Le groupe détaille : "Les acquisitions réalisées essentiellement à l'international par Vinci Energies et Vinci Construction, et les variations positives de change ont permis d'atténuer dans une large mesure l'impact" de la baisse d'activité constatée. Les prises de commandes de l'activité atteignent les 31,4 Mrds € (+3 %), principalement grâce à l'étranger (+9 %), puisqu'elles reculent en France (-2 %). Le carnet de commandes s'établit donc 27,7 Mrds € (-0,9 %).

 

Se tourner vers l'international

 

En France, premier marché du groupe de BTP, le chiffre d'affaires recule à 22,4 Mrds € (-6,4 %), alors qu'il a augmenté à l'international pour dépasser les 16 Mrds € (+9 %). Quant à l'endettement, il a diminué, ressortant à 12,4 Mrds € (-0,8 %). "Les résultats, hors éléments non courants, sont en progrès et l'endettement est en diminution grâce à une forte génération de cash-flow", assure Xavier Huillard, le président-directeur général de Vinci, qui "aborde l'année 2016 avec confiance et vise une nouvelle amélioration de ces résultats".

 

Le groupe n'envisage notamment "pas du tout" de renoncer à la construction de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, malgré la demande de dernière minute de Ségolène Royal d'envisager des projets "alternatifs ou complémentaires". Le p-dg rappelle : "Nous sommes titulaires d'un contrat qui a été gagné, après un appel d'offres, après que le principe du déplacement de l'aéroport actuel ait été acté, après des décennies de concertation et une déclaration d'utilité publique". Vinci note également que le calendrier des travaux du plan de relance autoroutier risquait de prendre du retard, en raison d'un allongement des procédures, lié à l'application de la loi Macron. "Cela fonctionne un peu comme un choc de simplification à rebours, puisque les sociétés d'autoroute ne peuvent plus attribuer des marchés dans un délai inférieur à au moins six mois", a expliqué Pierre Coppey, le président de Vinci Autoroutes. Le plan de relance, d'un montant de 3,2 Mrds €, prévoit que des travaux soient menés sur le réseau français jusqu'en 2022, en contrepartie d'un allongement de la durée des concessions. Or il "prévoit un planning qui est contractuel, avec des pénalités s'il y a du retard, or nous sommes aujourd'hui dans une incertitude sur les conditions de fonctionnement et d'attribution des marchés des sociétés concessionnaires", assure-t-il. Le marché national reste décidément compliqué pour Vinci.
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