A quelques mois du Mondial du Bâtiment, les organisateurs sont plus qu'optimistes. Outre la mobilisation de l'ensemble des acteurs du bâtiment et le retour de nombreux exposants, cette nouvelle édition sera marquée par la présence de nombreuses innovations. Précisions.

C'est avec un large sourire que Guillaume Loizeaud, directeur de Batimat et du Mondial du bâtiment, a commencé la présentation du prochain Mondial du bâtiment. Et pour cause : "nous avons pleins de bonnes nouvelles", dit-il en introduction. Pour l'édition 2017, il constate "une mobilisation et un engagement sans précédent de toutes les filières du BTP et de l'architecture". A cinq mois de ce rendez-vous, le nombre d'exposants est en hausse de 5% par rapport à l'édition 2015 grâce à l'arrivée de nouveaux exposants et le retour de nombreux leaders. Ajouté à cela, Guillaume Loizeaud se félicite du soutien apporté par les fédérations, associations et syndicats du bâtiment : "On a jamais vu ça, une telle mobilisation", ajoute-t-il. Le directeur du salon insiste également sur celle des filières matériaux comme celle du bois et du verre. Compte tenu de cette forte participation et des lieux d'échanges et d'affaires qui seront proposés, il vise une hausse de fréquentation de 10%, soit environ 370.000 visiteurs.

 

Ce qu'il faut retenir de cette édition placée sous le signe de la francophonie c'est le nombre élevé d'innovations qui seront présentées. Guillaume Loizeaud rappelle que le BTP est le 3e secteur en nombre de brevet et qu'un tiers des industriels ont innové ces deux derniers années. Selon lui, "l'innovation est devenue une priorité pour tous les acteurs de la construction". Des nouveautés que les visiteurs pourront retrouver sur les trois salons du Mondial.

 

"Ce n'est pas une transition mais une révolution que nous vivons", Antoine de Fleurieu, directeur général de Gimélec

 

Sur Interclim+Elec d'abord, les nouvelles réglementations seront dans toutes les conversations. Elles sont sources de "changements majeurs" pour le secteur souligne Jean-Paul Ouin, Délégué général d'Uniclima. Le décret sur la rénovation du tertiaire, signé dans les derniers jours de fonction de Ségolène Royal "devrait animer la rénovation tertiaire", selon lui. Et d'autres réglementations comme celle des fluides frigorigènes auront pour conséquence la nécessité de changer les installations pour des plus performantes.

 

Antoine de Fleurieu, directeur général de Gimélec, considère, quant à lui, qu'avec la transformation des marchés et la transition énergétique "ce n'est pas une transition mais une révolution que nous vivons. Le bâtiment devient un objet connecté". Il considère également que l'autoconsommation peut changer beaucoup de chose et estime que le secteur assiste à un "bouleversement de l'énergie dans le bâtiment" et que le monde réglementaire va devoir s'adapter aux innovations du marché.

 

"L'offre de produits à exploser", Hubert Maitre, secrétaire général d'Ideobain

 

Le salon Ideobain mettra l'accent sur les nouveautés en termes de confort et de bien-être. "Les consommateurs sont de plus en plus exigeants et attendent que nous leur proposons des produits qui améliorent leur confort et leur bien-être sans pour autant rogner sur la qualité esthétique", explique Cécile Rosenstrauch, dirigeante pour Peclers. Autre contrainte prise en compte par les industriels : l'espace. "Nous travaillons également à leur optimisation/i>". Pour satisfaire ces demandes, "l'offre de produits à exploser", souligne Hubert Maitre, secrétaire général d'Ideobain. La tendance est à la création d'objet ayant plusieurs fonctions. Ce qui l'amène à évoquer une autre tendance de cette édition 2017, la notion d'accessibilité. "L'offre de produits permet d'optimiser la salle de bains et de l'adapter à tous et pour tous les âges".

 

La réglementation E+C- à l'honneur

 

Sur Batimat, la nouvelle réglementation E+C- sera un sujet majeur, aussi bien pour le tertiaire que pour le résidentiel, explique Anne-Lise Deleron, directrice adjointe en charge des relations institutionnelles au sein du Plan Bâtiment durable. Au-delà du salon, elle estime d'ailleurs que les sujets de transition feront faire l'objet de projets forts pendant la mandature d'Emmanuel Macron. Pour Véronique Pappe, directrice de Construction 21, deux tendances se dégagent : celle du bas carbone et celle du confort et de la santé. Elle annonce que ces thématiques seront d'ailleurs abordées lors du salon à travers différents exemples. Concernant l'expérimentation E+C-, "c'est le C- qui pose problème aujourd'hui", rebondit Anne-Séverine Consales, présidente du cabinet d'études TBC, un sujet que les entreprises devront appréhender et qui conduira à retravailler des produits pour qu'ils rentrent dans la réglementation. Pour résumer, le bâtiment intelligent de demain se composera de solutions complètes qui se parlent.

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