Le premier cimentier allemand fait l’objet d’une offre publique d’achat non sollicitée de la part de l’un de ses plus grands actionnaires. Une offensive qui intervient à l’heure où le marché allemand du BTP reprend du poil de la bête, après plusieurs années de crise.

La concentration se poursuit en Allemagne ! Avec un capital flottant de 64,76%, HeidelbergCement est potentiellement vulnérable à des offres d'achat non sollicitées. La société d'investissement Spohn Cement propose ainsi 60 euros par action, soit une prime de quelque 20% par rapport au cours de clôture vendredi soir à la Bourse de Francfort, où HeidelbergCement cotait 50,25 EUR. Une OPA surprise qui valorise le cimentier à 6,5 milliards d’euros.

Derrière ce fonds, se cache en fait Adolf Merckle, l’un des principaux actionnaires de HeidelbergCement et membre de l'une des familles les plus riches du pays. Selon les données publiées sur le site Internet de la Bourse de Francfort, il détient 12,8% du cimentier.
Le responsable de Spohn Cement, Harder, a indiqué que les détails de l'OPA seraient publiés dans les prochains jours. Il s'est borné à indiquer vouloir soutenir les efforts de la nouvelle direction de l'entreprise nommée en début d'année et à la renforcer. Elle dispose à ses yeux d'un potentiel de croissance important.
Il a ajouté avoir reçu l'accord d'une grande banque pour financer l'OPA.
De l'avis des analystes, les chances de réussite de l'offre sont réelles. On apprend en effet que Werner Merckle est très proche du principal actionnaire de HeidelbergCement, le cimentier Schwenk : son épouse apparteient à la famille Schwenk !
L'actionnaire avait déjà contribué au début de l'année au départ surprise de l'ancien patron de HeidelbergCement et à son remplacement au 1er février par un de ses hommes de confiance, Bernd Scheifele.
L'entreprise visée par l'OPA s'est refusée au cours du week-end à commenter les derniers développements.
En cas de succès, cette offensive relancerait les spéculations autour d'un rapprochement par la suite du premier cimentier allemand, et numéro deux en Europe, avec un concurrent.

Mouvements de concentration dans le BTP allemand

Pour faire face à la crise de ces dix dernières années, le secteur du BTP - entreprises comme fournisseurs - se regroupe en Allemagne.
Ainsi, après sa liquidation, les dépouilles du groupe Philip Holzmann ont été vendues. De même, le numéro cinq du secteur, Züblin, va passer sous le contrôle du groupe autrichien Strabag, son principal actionnaire, la banque publique régionale bavaroise BayernLB, ayant décidé de se désengager.
Par ailleurs, un autre groupe de construction, Walter Bau, a déposé le bilan récemment. Il a été aussi repris partiellement par Strabag, au détriment du numéro deux allemand, Bilfinger Berger, également sur les rangs.
Quant à Bilfinger Berger, Dresdner Bank, son principal actionnaire, a vendu la semaine dernière sur le marché les 25% qu'elle détenait dans le capital du deuxième groupe de BTP du pays pour 347 millions d'euros.
Du coup, le capital flottant de la société passe à 100%.
La cession des parts de Dresdner s'inscrit dans un mouvement plus large de désengagement des groupes financiers allemands, longtemps très liés au secteur industriel national dont il ont accompagné le redémarrage et la croissance après la deuxième guerre mondiale.

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