Plus de 3,5 millions de rénovations de logements ont été achevées entre 2012 et 2014, pour une dépense totale de près de 35 milliards d'euros. Le chantier moyen s'établit donc à 10.000 euros dont une partie prise en charge par des aides financières. Découvrez tous les détails de l'enquête menée par l'Observatoire permanent de l'amélioration énergétique du logement (Open).

La rénovation énergétique avance en France. A la fin de 2014, plus de 3,5 millions de logements avaient été rénovés, selon les chiffres publiés par l'Observatoire permanent de l'amélioration énergétique du logement (Open). Des opérations qui ont représenté une dépense totale de près de 35 milliards d'euros, tous types de travaux confondus, dans des logements résidentiels privés (maisons individuelles et parties privatives des appartements)*. Une simple division révèle donc que le chantier moyen s'élève à 10.000 euros pour un ménage, une somme importante que les aides financières viennent en partie compenser, à hauteur de 1.700 euros.

 

Des professionnels sollicités

 

Premiers travaux entrepris : ceux portant sur les fenêtres avec plus de 6,3 Mrds € dépensés et 1,21 million de logements concernés. Viennent ensuite les interventions d'isolation sur les parois verticales (5,34 Mrds € pour un peu plus d'un million de logements rénovés) et les travaux de toiture/combles. Ce derniers sont les plus chers, avec 6,76 Mrds € engagés dans un million d'opérations. Quatrième poste des dépenses, l'installation de chauffage, optimisée dans 998.000 maisons, pour un montant de 5,35 Mrds €. A noter que les interventions sur les systèmes d'eau chaude sanitaire (ECS) ont concerné 601.000 logements mais que les trois-quarts présentent "un niveau de performance faible" ne permettant pas d'extrapoler sur les dépenses. L'étude note que les rénovations qualifiées de "performantes ou très performantes" ont concerné 288.000 logements. Leur particularité ? Un budget beaucoup plus élevé et un nombre d'interventions plus important avec des équipements de meilleure qualité. L'enquête signale : "Bien que cinq fois moins nombreuses que les rénovations 'faibles', les rénovations 'performantes' ou 'très performantes' génèrent au final un chiffre d'affaires presque équivalent (plus de 7 Mrds €, NdlR)". Le budget consacré est donc cinq fois plus élevé que les rénovations faibles, avec 25.000 € dépensés.

 

Du côté des professionnels, la part réalisée en 2014 dans la rénovation de logements s'établit à 35 % environ. Pour les revendeurs, la part de chiffre d'affaires liée à la vente de matériaux et équipements aux particuliers est de 31 % pour le commerce de gros et de 82 % pour celui de détail. Le document précise : "Les ouvertures et systèmes de ventilation représentent, pour 2014, le premier poste des travaux effectués par les artisans (58 %) et de matériaux ou équipements vendus par les revendeurs (63 %), au coude à coude avec les postes de toitures/combles et parois opaques (33 % des chantiers des artisans pour chacun de ces deux postes et 62 % des ventes au global des revendeurs)". Les systèmes de chauffage/calorifugeage arrivent ensuite (une vente sur deux pour les revendeurs et un chantier sur trois pour les artisans). Encore une fois, les travaux sur les systèmes d'ECS sont les moins fréquents, représentant moins du tiers de l'activité des professionnels.

 

Des aides plutôt efficaces

 

Les résultats de la campagne Open 2015 indiquent que le taux de TVA réduit à 5,5 % et le Crédit d'impôt Développement durable - devenu Crédit d'impôt Transition énergétique entre temps - sont les dispositifs les plus utilisés par les ménages. Le premier des deux "permet de limiter l'impact des travaux sur les budgets des ménages (30 %) et de solliciter plus facilement un professionnel (25 %)". Tandis que le crédit d'impôt, qui a été accordé à 14 % des ménages ayant fait l'objet de travaux globaux, constitue "un élément déclencheur du projet de rénovation pour 25 % d'entre eux". Les Certificats d'économies d'énergie n'ont bénéficié qu'à 7 % des ménages environ, tandis que les subventions locales ou de l'Anah ont profité à 4 % des foyers.

 

S'intéressant aux principales motivations et bénéfices des travaux entrepris, l'enquête se penche sur les rénovations les plus coûteuses : les ménages ont souhaité en priorité améliorer le confort thermique de leur logement (un résultat constaté dans 64 % des cas après travaux), réduire leur facture énergétique (avec des effets immédiats dans 50 % des cas) ou remplacer un appareil devenu vétuste. Il faut noter que les ménages sont globalement satisfaits des professionnels intervenus : plus de la moitié d'entre eux est "tout à fait d'accord avec le fait que les artisans ont bien géré le chantier et ont eu un rôle de conseil efficace".

 

L'enquête révèle une autre caractéristique : la collaboration aléatoire entre les différents intervenants. Elle annonce : "La satisfaction est bien supérieure dans le cas des travaux sur le chauffage (41 %) que dans celui de travaux sur les fenêtres notamment (19 %)".

 

Finalement, la campagne Open 2015 estime également que la réalisation des travaux de rénovation énergétique "tient beaucoup plus aux caractéristiques du logement et à la situation de ses occupants qu'au profil socio-démographique des ménages". Le profil des ménages ayant entrepris des opérations plus coûteuses serait très similaire à celui des ménages ayant fait des travaux de rénovation d'autres niveaux. "L'achat de logement représente une opportunité de réaliser des travaux pour 11 % des ménages interrogés. Cette part est deux fois plus importante parmi les foyers ayant réalisé des travaux performants ou très performants", fait valoir l'enquête. L'Ademe conclut : "Cette montée en puissance montre que l'objectif 2017 (rénover 500.000 logements par an se répartissant entre 380.000 logements privés et 120.000 logements sociaux) est atteignable". Une bonne nouvelle pour l'atteinte, en 2050, d'un parc totalement aligné sur des consommations du niveau BBC.

 

* L'enquête Open ne prend pas en compte les travaux réalisés dans les logements sociaux, ni ceux entrepris par les syndicats de copropriété. En 2014, ce sont 105.000 logements sociaux qui ont été rénovés par les organismes HLM.

actionclactionfp