L'Union européenne (UE) envisage de mettre en place un système de notation de l'empreinte environnementale des centres de données, a-t-elle indiqué ce 21 septembre 2026. Une démarche poussée par les nombreuses critiques pesant sur ces infrastructures, nécessaires au déploiement de l'intelligence artificielle, et qui sont en pleine croissance.

 

Afin d'accompagner le développement de l'IA, l'UE compte, d'ici 2034, tripler la capacité de ses centres de données. Mais cette croissance suscite d'importantes inquiétudes environnementales : en matière de consommation d'énergie, d'eau ou d'artificialisation des sols.

 

Pour répondre à cela, Bruxelles prévoit de mettre en place, à partir de 2027, un "label de durabilité". Il fournirait une "information transparente sur l'utilisation réelle des ressources en eau et en énergie par les centres de données", explique l'institution européenne. Ce label s'inspirerait des étiquettes énergétiques figurant sur les appareils électroménagers. Avec un classement de A à G et un code couleur du vert au rouge.

 

Validation nécessaire du Parlement européen et des États membres

 

Sous réserve du feu vert du Parlement européen et des États membres, ce système de notation s'appliquerait aux centres de données disposant d'une puissance supérieure à 500 kW. Il prendrait également en compte leur contribution au réseau électrique, ainsi que leur capacité à récupérer et à réutiliser la chaleur qu'ils produisent.

 

"Tripler notre capacité de centres de données ne peut pas signifier tripler la pression sur nos réseaux électriques, nos ressources en eau et nos factures d'énergie", souligne la vice-présidente de la Commission européenne, Teresa Ribera. "Tout commence par la transparence : évaluer les grands centres de données en fonction de leur impact sur notre système énergétique", ajoute-t-elle.

 

Cette proposition constitue par ailleurs une réponse à une polémique née d'un travail journalistique. En avril 2026, une enquête du collectif de journalistes Investigate Europe avait en effet reproché à Bruxelles d'avoir cédé à Microsoft et aux géants de la tech en reprenant "presque mot pour mot" leurs revendications dans une loi de 2024. Celle-ci leur permettait notamment de ne pas dévoiler de façon détaillée l'empreinte environnementale des projets de centres de données.

 

Des contestations en hausse

 

La Commission européenne avait contesté cette accusation en expliquant que cette loi précisait "clairement que les informations qui seraient rendues publiques n'incluaient pas celles soumises" au secret des affaires. Bruxelles avait alors promis de mettre en place un système de notation, avec des "étiquettes de performance".

 

Les centres de données figurent parmi les secteurs connaissant la croissance la plus rapide au monde. Ils ont consommé à eux seuls environ 68 térawattheures (TWh) d'électricité dans l'UE en 2024. Sous l'effet notamment du développement de l'intelligence artificielle, cette consommation devrait pratiquement doubler pour atteindre 114 TWh d'ici 2030, soit plus de 3% de la demande totale d'électricité de l'Union européenne, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

 

Aux Etats-Unis, à l'approche des élections de mi-mandat prévues en novembre 2026, la construction des centres de données est devenue un sujet de crispation politique.
Raphaël Jacomini, avec l'AFP

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