D'après une étude de l'Observatoire du Crédit Logement/CSA, les taux des crédits immobiliers sont passés sous la barre des 5% en décembre et continuent leur baisse. Par ailleurs, la durée moyenne d'endettement et le coût relatif des opérations est aussi en recul. Détails.

Après un atterrissage des prix de l'immobilier pas vraiment en douceur, c'est du côté des taux de crédit que le mouvement de baisse semble s'amplifier. Selon le tableau de bord de l'Observatoire Crédit Logement/CSA, les taux moyens des prêts se sont établis à 5,11% au 4e trimestre 2008. Cependant, l'étude des taux mensuels montre une baisse régulière, de 5,15% en novembre à 4,99% en décembre, puis 4,81% pour les trois premières semaines de janvier 2009.

 

La production de crédits immobiliers a représenté 140 milliards d'euros en 2008, contre un peu plus de 170 milliards en 2007, soit un recul de 17,3%. Le 4e trimestre enregistre même une baisse de 22,5% par rapport au précédent. «Il y a eu un net décrochage sur le troisième, puis le quatrième semestre, quel que soit le type de marché», observe Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université de Paris X-Nanterre. La durée des prêts se réduit également, pour s'établir à 218 mois au 4e trimestre. Sur l'ensemble de l'année, le recul est de huit mois, soit l'équivalent de l'allongement de la durée observé en 2007. «La baisse de la durée vient compenser la baisse du taux, en conséquence les annuités restent semblables», explique Michel Mouillart.

 

Selon lui, c'est surtout «la primo-accession qui a tenu les crédits immobiliers en 2008, alors que la revente s'est effondrée». En effet, les difficultés sur le marché immobilier ont engendré un blocage du marché de revente, ainsi les ménages concernés se sont retrouvés sans l'apport personnel qui aurait découlé de la vente du logement. «En conséquence, ces ménages ne sont plus sur le marché des crédits immobiliers de l'ancien, qui en souffre».

 

Incertitudes
Autre baisse, celui du coût relatif moyen : en passant à 3,6 années de revenus au 4e trimestre 2008, il s'inscrit dans le mouvement de baisse entamé il y a 18 mois, et il est similaire à son niveau du printemps 2005. Concernant les perspectives pour cette année, l'Observatoire se veut prudent et estime une fourchette comprise entre 119,79 et 129,5 milliards d'euros de prêts aux particuliers. Michel Mouillart rappelle, en outre, qu'une baisse «de 1 point de taux équivaut à une baisse de 8 à 10% des prix de l'immobilier». Et que, même si l'indicateur de solvabilité s'est amélioré au 4e trimestre et que le recours à l'endettement est en baisse de 2,3% sur un an, les intentions d'endettement n'en restent pas moins fortement liées au taux de chômage.

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