La CGT-construction a dénoncé, mardi, le gel des négociations sur la pénibilité et a menacé de saisir les tribunaux pour «que soit reconnue la responsabilité des employeurs face à l'écart d'espérance de vie entre salariés lié aux mauvaises conditions de travail».

«Dans le BTP, l'espérance de vie d'un ouvrier est de 7 ans inférieure à celle d'un cadre», estime la CGT-Construction. Or, «trois ans après la réforme Fillon sur les retraites, la négociation interprofessionnelle visant à définir les critères de pénibilité n'a toujours pas aboutie, la dernière réunion avec le patronat date d'avril (2006) et aucune nouvelle rencontre n'est programmée», a déclaré Eric Aubin, secrétaire général de la CGT-construction lors d'une conférence de presse.

Selon lui, «la tentation est forte de renvoyer ce dossier aux négociations prévues sur les retraites en 2008 pour un patronat hostile à des mesures de départ anticipé, car il lui faudra mettre la main à la poche pour les financer». Et d'ajouter : «Aussi,nous n'excluons pas de saisir les tribunaux, comme nous le faisons pour l'amiante, afin que soit reconnue la responsabilité des employeurs face à l'écart d'espérance de vie entre salariés lié aux mauvaises conditions de travail».
Rappelons que la CGT-construction a fait de la retraite à 55 ans un objectif prioritaire dans le BTP. Selon le syndicat, les quelque 1.300.000 salariés du secteur sont en effet confrontés à des conditions de travail difficiles à l'origine e «plus de 120.000 accidents avec arrêt de travail en moyenne par an, dont 175 mortels».

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