9 jours après l’explosion au gaz qui a entièrement détruit un immeuble de Mulhouse, le maire de la ville a demandé au ministre délégué à l'industrie de faire pression sur Gaz de France pour accélérer le renouvellement de ses réseaux.

Mardi, le procureur de la République de Mulhouse Régis Delorme a en effet annoncé qu'une fente sur la conduite principale de gaz était «l'origine probable» de l'explosion survenue le 26 décembre dernier.
Le même jour, le maire de Mulhouse Jean-Marie Bockel a ainsi saisi M. Devedjian «lui demandant d'intervenir rapidement et avec force auprès de Gaz de France».

«La canalisation fendue était en fonte», a expliqué le maire de Mulhouse mercredi matin sur Europe1, soulignant qu'il y avait «en France peut-être 3 ou 4.000 km de cette fonte grise, de cette fonte ancienne». D’après lui, le réseau de gaz de Mulhouse compte encore 24 kilomètres de canalisation en fonte grise posées dans les années 60 «dont la portion qui se trouvait devant les immeubles sinistrés». A cela, GDF précise que le chiffre de 24 kilomètres se rapporte à la région soit 0,85% du réseau de distribution alsacien. Sur l’ensemble du territoire français, 1,2% du réseau serait encore en fonte grise.
Jean-Marie Bockel souhaite qu'on accélère le remplacement des canalisations en «fonte cassante» par des canalisations en «PVC, qui est à la fois solide et souple». Il veut en outre «qu'on exerce pendant la durée de ces travaux (...) une surveillance particulière de ces réseaux qui présentent un facteur de risque supplémentaire par rapport au réseau modernisé».

Du côté de GDF, on s’interroge encore sur l’origine exacte de l’explosion. Gilles Gaellan, directeur des services de distribution d’EDF-GDF en Alsace a confié mardi soir à Libération qu’il était «largement prématuré de tirer des conclusions». Selon lui, la question est avant tout de savoir si la fente constatée est antérieure ou postérieure à l’accident. «Ce qui est troublant dans cette affaire, c’est qu’un dépistage systématique de fuites effectué deux semaines avant l’explosion n’avait rien détecté et que personne n’a appelé nos services pour signaler une odeur suspecte. C’est difficilement explicable», commente-t-il.
L’audit interne lancé par Gaz de France pour déterminer les causes de la catastrophe n’a pour le moment pas permis de privilégié une hypothèse.

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