Le syndicat des énergies renouvelables (SER), à l'occasion d'une conférence de presse donnée ce 24 septembre 2026 et dans le cadre de la campagne pour l'élection présidentielle de 2027, a présenté 27 propositions pour une "énergie souveraine". L'organisme représentant l'ensemble des filières renouvelables en France, préconise notamment de créer un "bouclier énergétique universel" au profit des ménages. Il serait notamment financé grâce aux recettes tirées de l'ETS 2, le nouveau "marché carbone" européen.
"La première proposition que l'on met en avant, c'est la construction d'un bouclier énergétique universel", a déclaré Jules Nyssen, le président du SER, lors de la conférence de presse. Il s'agit de "construire un système d'aide principalement destiné aux ménages et dont la vocation est de les protéger contre les fluctuations des prix" de l'énergie, en faisant en sorte que "le reste à charge énergétique du ménage soit inférieur à sa facture énergétique actuelle".
Plusieurs milliards de recettes
Pour ce faire, le SER propose d'adosser ce "bouclier énergétique universel" aux recettes que la France pourra tirer de l'ETS2, le nouveau système européen d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre, qui doit entrer en vigueur en 2027. Il a pour ambition de compléter l'ETS 1 en s'appliquant notamment aux bâtiments, à la construction et au transport routier. Les revenus de ce nouveau dispositif devraient représenter entre 7 et 15 milliards d'euros par an pour la France au cours de la période 2026-2032, indique le SER.
L'organisation professionnelle propose par ailleurs de comptabiliser les investissements publics dans la transition énergétique "comme un investissement et non comme une dépense de fonctionnement", en les excluant notamment de la règle des 3% de déficit public.
Mobilisation de l'épargne privée
Le syndicat suggère également de fondre l'ensemble des aides existantes (MaPrimeRénov', leasing social...) dans un dispositif unique. Le SER propose, en outre, de créer un fonds de transition énergétique "permettant de mobiliser l'épargne privée pour investir dans la solidarité énergétique". Il serait éventuellement complété par "une poche de 5 à 10 milliards d'euros issue des livrets réglementés (Livret A et LDD). Un tel fonds, même si son rendement est limité, serait attractif dès lors que sa finalité est clairement garantie et qu'il est sans risque", estime le SER.
Parmi ses autres propositions, le SER recommande de lancer un grand "plan chaleur et froid renouvelables", qui permettrait de répondre au chauffage hivernal, ainsi qu'à l'intensification des vagues de chaleur, comme celle qu'a connue la France l'été dernier.
Raphaël Jacomini, avec l'AFP
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