Ce vendredi 2 octobre 2026, au tribunal d'Épinal, deux ans d'emprisonnement avec sursis ont été requis contre un chauffagiste de 52 ans, jugé pour homicides involontaires après la mort d'une femme de 84 ans et de son fils de 63 ans, dont l'autopsie a établi qu'ils étaient décédés à la suite d'une asphyxie au monoxyde de carbone. Les deux victimes avaient été trouvées par une infirmière le 9 janvier 2026 à leur domicile de Bussang, dans les Vosges.

 

Le chauffagiste était intervenu deux jours auparavant pour réparer la chaudière en panne. Il avait alors commandé les pièces manquantes et était revenu le lendemain pour installer un brûleur d'occasion "par acquit de conscience, car il faisait froid, il neigeait", comme il l'a expliqué devant le tribunal, en indiquant que la vieille dame "n'avait plus d'eau chaude et de chauffage".

 

Un brûleur d'occasion jugé "incompatible" avec la chaudière

 

D'après le prévenu, "en cas de dysfonctionnement, le brûleur se mettait en défaut et empêchait du monoxyde de s'échapper ; l'installation pouvait tenir jusqu'au lendemain". Mais un expert mandaté pendant l'enquête a, lui, considéré que le brûleur d'occasion était "incompatible" avec la chaudière, ce qui, ajouté au défaut d'étanchéité du condenseur, "a permis l'échappement des gaz de la chaufferie et la production rapide de monoxyde de carbone".

 

Le chauffagiste quinquagénaire s'est dit "désolé" devant le tribunal, reconnaissant que "ce genre de drame ne devrait jamais arriver", lui qui est décrit par ses employés comme travaillant "de manière précise et consciencieuse". Il a reconnu sa culpabilité et assuré avoir effectué tous les tests nécessaires avant de quitter le domicile des victimes. Selon lui, c'est une "accumulation de choses" qui a conduit à la mort de ses clients.

 

Une peine d'emprisonnement avec sursis, une amende et une interdiction d'exercer requises

 

"Moi, ce qui m'interroge, c'est que vous partez d'un domicile, après un dépannage de fortune, alors qu'il y a toujours une odeur de brûlé dans la chaufferie !", s'est exclamé Quentin Laurent, le représentant du parquet.

 

Ce dernier a toutefois indiqué ne pas être certain que le chauffagiste ait su "qu'il allait faire peser un risque réel sur les deux victimes" et a donc demandé au tribunal de déqualifier les faits en homicides involontaires, rejetant la violation manifestement délibérée d'une obligation de prudence ou de sécurité pour laquelle l'enquête avait été initialement ouverte.

 

En plus de la peine d'emprisonnement, il a aussi requis une interdiction d'exercer l'activité de chauffagiste pour une durée de cinq ans, assortie d'une amende de 5.000 euros. Le jugement sera rendu en délibéré le 30 octobre.
M. S. avec AFP

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