Dans un projet frigorifique, quelques points de performance manquants sur un composant peuvent se répercuter sur l’ensemble de l’installation. Puissance de rejet de chaleur, consommation des ventilateurs ou niveau acoustique : si les valeurs annoncées ne correspondent pas aux conditions réelles d’exploitation, le dimensionnement, les coûts et les objectifs environnementaux peuvent être affectés.

Ce risque prend une importance particulière avec l’essor des systèmes au CO2 (R-744). Leur performance dépend fortement de la pression de service et des conditions ambiantes. Une valeur obtenue au point d’essai standard ne suffit donc pas toujours à anticiper le comportement d’un gas cooler dans une autre zone climatique ou à une autre température d’approche.

Pour objectiver cet écart, Eurovent Certita Certification a étudié un échantillon défini et limité de produits non certifiés. Deux gas coolers CO2, sélectionnés parmi des équipements disponibles sur le marché, ont suivi un protocole commun : analyse des données, simulation avec un outil de conception professionnel et essais dans un laboratoire indépendant selon la norme EN 327.

Les deux unités ont présenté des écarts significatifs entre capacité déclarée et capacité mesurée dans plusieurs conditions testées. Dans la condition de marché C2, utilisée en Europe centrale et septentrionale, la sous-performance a dépassé 50 % pour les deux appareils, avec un écart maximal de 53 %. Une unité affichait aussi 5 dB(A) de plus que le niveau de puissance acoustique déclaré.

L’enjeu dépasse le seul composant. À partir d’hypothèses précisées dans le livre blanc, les simulations d’une installation de supermarché montrent qu’un équipement de rejet de chaleur sous-performant peut entraîner plus de 43 000 kWh de consommation supplémentaire par an. Sur quinze ans, le surcoût simulé dépasse 117 000 euros et les émissions additionnelles atteignent au moins 219 tonnes de CO2. Ces résultats ne constituent pas une évaluation générale du marché, mais illustrent l’effet cumulatif d’une donnée de départ inexacte.

La comparaison doit aussi tenir compte des conditions de fonctionnement. Comme il est impossible de tester chaque appareil à tous les points possibles, le programme Eurovent Certified Performance utilise des facteurs de correction pour transposer les résultats obtenus en condition standard vers des conditions de marché. La campagne a confirmé, pour C2 et C3, la pertinence de ces facteurs dans la tolérance de ± 15 % prévue par les règles techniques du programme.

Pour les bureaux d’études, installateurs et exploitants, le message est concret : comparer des produits exige des données établies selon les mêmes critères, vérifiées par des essais indépendants et transposables aux conditions réelles du projet. Audits d’usine et de logiciels, surveillance et contrôle des supports déclaratifs complètent cette chaîne de confiance.

Méthodologie, résultats détaillés et études de cas sont à retrouver dans le livre blanc « Au-delà de la brochure », disponible en téléchargement sur le site d’Eurovent Certita Certification.