Rien ne prédestinait Marie Logeais à devenir artisane du bâtiment. "Devenir artisane n’était pas un plan de départ", raconte-t-elle. "J’avais un profil éloigné de celui d’artisane du bâtiment, même si j’ai toujours été passionnée par le secteur." Elle a construit son parcours dans le secteur du bâtiment en réalisant un apprentissage dans le cadre de son BTS Assistante de gestion. À l'issue de cette formation, elle a intégré un grand groupe, où elle a évolué pendant huit ans et acquis de nombreuses compétences. Elle a ensuite rejoint une petite entreprise spécialisée dans les travaux d'électricité, mettant son expérience et sa polyvalence au service d'une structure à taille humaine.

À son arrivée dans cette petite entreprise d'électricité, elle occupe un poste de secrétaire comptable. La charge de travail administrative étant moins importante que dans son précédent emploi, l'un des chargés d'affaires lui confie progressivement des missions plus techniques. Elle participe alors aux chiffrages, à la réalisation de plans et développe de nouvelles compétences.

En pleine crise de la Covid-19, l'entreprise est placée en liquidation judiciaire. Quelques jours plus tard, ce même chargé d'affaires, qui lui avait transmis son savoir-faire technique, lui propose de s'associer pour créer une nouvelle entreprise. En 2020, en pleine période de confinement, ils se lancent ensemble dans cette nouvelle aventure entrepreneuriale, accompagnés dès le départ par 3 collègues.


"J'ai appris et approfondi mes connaissances du métier directement sur le terrain. Ma curiosité m'a poussée à aller sur les chantiers, à échanger avec les techniciens et à chercher à comprendre concrètement le métier. J'ai aussi eu la chance d'être entourée de personnes qui ont accepté de me transmettre leur savoir-faire, notamment mon associé, dont l'expertise et les conseils sont encore aujourd'hui précieux dans la gestion des aspects techniques de l'entreprise. C'est grâce à cette curiosité, à cette transmission et à cet accompagnement que je suis devenue artisane."


Pourquoi être artisan aujourd'hui ? "Transmettre à mon tour ce que j’ai reçu est une évidence "


"Aujourd’hui, être artisane est un métier que j’aime et qui me rend fière. C’est un métier fait de défis au quotidien, d’autonomie en étant à son compte, de rencontres, et surtout de la satisfaction de construire, avec d’autres métiers, des projets concrets comme des écoles ou des bâtiments. J’ai appris un métier que je ne connaissais pas, grâce à des personnes qui m’ont fait confiance et m’ont transmis leur savoir. C’est aussi pour moi la fierté d’être investie sur des sujets qui me tiennent à cœur, comme l’apprentissage. Apprendre a été essentiel dans mon parcours : tout s’est construit sur la transmission. C’est au contact des autres, sur les chantiers et grâce à la confiance qui m’a été accordée, que j’ai pu progresser. C’est aussi pour cela que je suis investie dans l’apprentissage, avec la CAPEB, sur ces sujets. Pour moi, transmettre à mon tour ce que j’ai reçu est une évidence et une façon de donner du sens à mon parcours."


Aujourd'hui, l'entreprise compte cinq salariés et intervient exclusivement sur des marchés professionnels en électricité générale. Son associé et elle assurent conjointement la gestion de l'entreprise, les études et le suivi des chantiers, en s'appuyant sur leurs compétences complémentaires. Il apporte son expertise technique, tandis qu'elle pilote les aspects administratifs, financiers et organisationnels. L'entreprise poursuit une croissance maîtrisée, avec l'ambition de continuer à se développer tout en préservant sa proximité avec ses clients et ses équipes.

L'esprit CAPEB ? Élue à la CAPEB, elle s’engage également à valoriser les métiers du bâtiment auprès des jeunes, en combattant les idées reçues et en mettant en avant les opportunités du secteur, notamment pour les femmes. Son parcours illustre enfin le rôle déterminant des rencontres professionnelles et d’une collaboration solide dans la réussite entrepreneuriale.



" Lors de ma première rencontre avec Marie, elle venait tout juste de se lancer dans l’aventure de son entreprise. Nous avons échangé autour de notre vision partagée de la place centrale des entreprises de proximité, de leurs dirigeants, et de l’importance de « jouer collectif » pour les défendre. Raisonnable, elle a d’abord temporisé son engagement à la CAPEB. Quand elle s’est sentie prête, et disponible, elle a rejoint l’équipe avec tout son dynamisme et son envie de faire avancer les choses ! Grande promotrice de l’apprentissage, super animatrice de sa section « métiers de l’électricité » départementale, porteuse de solutions au conseil d’administration… elle incarne parfaitement sa génération de dirigeant d’entreprise artisanale et la représente avec brio. J’ai beaucoup de reconnaissance pour le temps qu’elle nous donne, et pour l’énergie qu’elle nous apporte."


Andrea LEMASSON, Secrétaire générale, CAPEB Loire Atlantique


#Création d’entreprise #Modèles EAB


Depuis 80 ans, la CAPEB accompagne les créateurs et chefs d'entreprise à chaque étape de leur parcours grâce à une offre d'informations, de conseils, de services et d'outils de gestion adaptés aux entreprises artisanales du bâtiment. Dès sa création, elle s'est donné pour mission de défendre les petites entreprises du secteur, afin de préserver leur indépendance et d'éviter que leur modèle ne soit dilué dans celui des grandes entreprises, dont les réalités sont différentes.

En créant l'UPA en 1975, devenue ensuite l'U2P, la CAPEB fait le choix stratégique de s'allier à d'autres organisations artisanales pour renforcer son poids dans le dialogue social national, transformant une logique défensive en un rapport de force structuré à l'échelle interprofessionnelle.

En 2002, elle obtient une reconnaissance élargie comme organisation représentative de l'ensemble des entreprises du bâtiment. Elle peut dès lors négocier pour tout le secteur tout en portant les intérêts des TPE dans des négociations où elles seraient autrement minoritaires.

En 2017, la CAPEB devient la première organisation patronale de France, tous secteurs confondus, et, pour la première fois, est reconnue représentative de l'ensemble des entreprises du bâtiment, quel que soit leur effectif. Cette reconnaissance renforce sa capacité à être consultée et entendue par les pouvoirs publics.

Enfin, la décision de la Cour de cassation de 2022 marque une avancée majeure en reconnaissant deux champs distincts de négociation : l'un pour les entreprises jusqu'à 10 salariés, l'autre pour celles de plus de 10 salariés. Cette victoire permet d'éviter l'application uniforme de règles conçues pour les grandes entreprises et de préserver un modèle économique adapté aux TPE.

En renforçant progressivement son poids dans le dialogue social et en obtenant des cadres de négociation adaptés, la CAPEB a fait reconnaître les spécificités des TPE, majoritaires dans le secteur. Son action garantit que les règles économiques et sociales tiennent compte de la réalité de ces entreprises, essentielles à l'économie locale, à l'emploi et à la transition du bâtiment.