SECURITE. Un peu plus d'un an après l'effondrement d'un balcon à Angers, une sénatrice a interpellé le Gouvernement au sujet de la certification des armaturiers. L'AQC pourrait être missionnée pour réaliser une étude sur les risques liés aux balcons.

Lors des questions au Gouvernement, au Sénat le 21 novembre 2017, la sénatrice LR du Maine-et-Loire, Catherine Deroche, a interpellé le Gouvernement au sujet de la certification des armatures. En cause : l'effondrement d'un balcon, il y a un peu plus d'un an, à Angers, qui avait fait quatre victimes. Pour elle, "nous avons à faire ici avec un enjeu de sécurité majeur dans le secteur de la construction". "Le béton armé est le matériau de construction le plus utilisé en France. La survenue de malfaçons dans la fabrication, ou d'une mauvaise pose, peuvent gravement mettre en péril la solidité structurelle d'un ouvrage", a-t-elle ajouté.

 

La France est apparemment en retard sur certains de ses voisins, comme l'Allemagne, l'Espagne ou la Belgique, qui ont mis en place une obligation de certification pour les entreprises fabriquant ou mettant en oeuvre ces armatures. En France, la certification Afnor existe déjà, mais seulement 50% des entreprises du secteur en seraient titulaires. D'où la demande de la sénatrice : rendre obligatoire cette distinction.

 

L'AQC pourrait être missionné pour établir une étude sur les "risques liés aux balcons"

 

En réponse à la sénatrice, le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, a tout d'abord rappelé que "la sécurité des personnes est une priorité pour tous les gouvernements. Que ce soit pour les risques d'accidents ou d'incendie, qui existent toujours. Le drame de la tour Grenfell, à Londres, en a été l'illustration. Nous surveillons donc cela de près." Le ministre a également révélé qu'une étude sur les "risques liés au balcons" avait été demandée à l'Agence qualité construction (AQC). "En fonction des résultats de l'étude, nous pourrons changer les règles de mise en oeuvre." Le ministre a une nouvelle fois rappelé que la "pause normative" annoncée par les pouvoirs publics dans le secteur de la construction ne concernait pas les sujets qui touchaient à la sécurité des personnes. L'Agence Qualité Construction confirme qu'une proposition d'étude sur les pathologies liés aux balcons devrait lui être faite.

 

La demande d'obligation de certification est également portée par l'Association professionnelle des armaturiers (APA), qui a travaillé avec la sénatrice Catherine Deroche. "A l'heure où nous lançons d'importants nouveaux chantiers à travers tout le territoire (Grand Paris, Eco-Quartiers, JO 2024, grandes métropoles..) et que certaines entreprises du BTP ne disposent pas tout le temps de toute l'expertise nécessaire (certains abus liés aux travailleurs détachés), il est urgent d'agir", affirme un porte parole de l'APA à Batiactu.
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