UN PROJET, UNE PARTICULARITE

usine leroy
Guillaume Ledun/l'oeil à memoire ©
Une usine de papiers peints se transforme en centre culturel (diaporama)

Fermée depuis 1982, l’usine Leroy de Saint-Fargeau-Ponthierry s’offre une seconde vie. Hier manufacture de papier peint, demain, l’établissement se métamorphosera en centre culturel, baptisé «Les 26 couleurs», en hommage à l’unique et mystérieuse machine à imprimer du même nom, qu’il sera possible de découvrir in situ. Visite.



Si certaines villes comme Détroit ont du mal à donner une seconde chance à leurs usines qui, aujourd’hui, tombent en ruines, ce n’est pas le cas de l’ancienne manufacture de papiers peints Leroy à Saint-Fargeau-Ponthierry (77).

Situé à 40 km de Paris, cet établissement, qui fut un fer de lance de l’industrie française dans les années 20, est en passe de changer de visage grâce à un projet de réaffectation. Dans quelques semaines, le site se transformera en un espace artistique où se dérouleront pièces de théâtre, spectacles et séances de cinéma : «L’identité d’une commune passe par le dynamisme culturel», se félicite le maire de la ville, Lionel Walker. Outre ces activités, un lieu de mémoire est prévu dans l’ex-salle des génératrices électriques pour témoigner du passé, de la vie industrielle et ouvrière de l’époque.

Mais surtout, ce sera l’occasion pour le public de découvrir un appareil étrange : la machine à imprimer de 26 couleurs : «C’est un objet unique. Il n’en existe pas d’autres dans le monde de ce type et nous l’avons remise entièrement en l’état», explique Olivier Morel, restaurateur de machines, persuadé que l’engin pourrait encore fonctionner aujourd’hui. Toutefois, une question persiste : la machine pourrait-elle encore imprimer 26 couleurs ? Le mystère demeure…

Une architecture industrielle
C’est en tout cas pour rendre hommage à cette fabuleuse histoire que l’espace culturel prendra le nom de 26 couleurs. C’est d’ailleurs cette mémoire qui a piloté l’ensemble du chantier de réhabilitation. Pour l’agence Philippe Prost, en charge de la restauration, «la structure était une donnée imposée». Impossible de la dénaturer : «La première démarche de développement durable, c’est d’utiliser au maximum l’existant et sa potentialité», affirme l’architecte. Ainsi, la façade est restée fidèle à son aspect d’antan avec ses briques, son mélange d’acier et de béton et ses pierres meulières.
Du côté de l’agencement, l’accès au public se fera là où auparavant on s’approvisionnait et distribuait le charbon, les salles polyvalentes et la salle de spectacle remplacent les chaudières. Sans oublier le lieu de mémoire et ses fameuses génératrices électriques. Le tout sera décoré par du papier peint décliné en 26 couleurs et sera articulé par des escaliers formant des rubans métalliques. Quant à l’énergie, elle sera produite par un système de géothermie réversible fonctionnant avec deux pompes à chaleur ainsi que des capteurs solaires.

Cette mutation s’inscrit dans une redynamisation de Saint-Fargeau-Ponthierry : «Nous voulons devenir la ville aux 26 couleurs. D’ailleurs, nous envisageons un plan lumière et la recolorisation des façades des maisons d’ici à quelques temps», souligne le maire. De plus, une sorte d’éco-quartier devrait fleurir afin de redonner des couleurs à l’ensemble de cette ancienne friche industrielle.

Céline Galoffre (08/04/2011)

 



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