A Guerville, un ensemble de sept bâtiments agricoles anciens est en cours de réhabilitation pour proposer 16 logements sociaux certifiés basse consommation. Le choix de la solution de chauffage, au propane, s'est imposé pour répondre aux contraintes locales. Explications avec Françoise Quintin, directeur général de Mantes en Yvelines Habitat.

Mantes en Yvelines Habitat (MYH), office public de l'habitat qui gère 2.200 logements dans la région mantoise, a été mandaté par la commune de Guerville pour implanter des logements locatifs sociaux au cœur de son village. L'opération, qui est en cours, consiste à réhabiliter du bâti ancien, abandonné et non adapté à l'habitation, dont la qualité architecturale et patrimoniale était intéressante aux yeux des administrés. Un corps de ferme et ses annexes, représentant sept bâtiments en tout, ont été entièrement rénovés, et complétés par des constructions neuves, afin d'obtenir du petit collectif abritant huit appartements et huit maisons individuelles en R+1. "Le coût de l'opération est forcément plus important, du fait de la préservation du bâti, mais la commune a mis à disposition le foncier dans le cadre d'un bail emphytéotique de 60 ans, ce qui a permis de réaliser une économie de 400 à 500.000 €", raconte Françoise Quintin, qui dirige MYH.

 

La thématique de la maîtrise des charges locatives, dont la part ne cesse d'augmenter par rapport au loyer, ainsi que les préoccupations environnementales ont amené le maître d'ouvrage à lancer une réflexion sur le choix de l'énergie. "Nous avons travaillé sur les énergies renouvelables. Mais à l'époque, vers 2008-2010, il n'y avait pas de pompes à chaleur qui convenaient. Il n'y avait pas de potentiel géothermique non plus. Le solaire thermique était compliqué d'entretien, avec un accès en toiture à prévoir et des coûts élevés d'intervention. Ce n'était pas rentable pour une dizaine de logements", évoque la directrice générale de MYH. Elle poursuit : "Le bois énergie obligeait un retraitement des cendres également coûteux. Quant au gaz naturel, il n'y avait pas de réseau sur la commune. La solution gaz propane avec cuve enterrée s'est donc imposée comme la plus pratique".

Une opération certifiée BBC-Effinergie

L'office public de l'habitat de l'agglomération mantoise opte alors pour une solution qui mixe la gestion collective pour les équipements de chauffage (où il est plus aisé d'intervenir sur les équipements), avec deux chaufferies pour l'ensemble des 16 logements, et une individualisation des consommations, avec un suivi des calories consommées par des compteurs dédiés. Pour l'eau chaude sanitaire et la VMC, des ballons thermodynamiques sont installés dans chaque habitation. L'isolation des différents bâtiments, rénovés et neufs, a été poussée avec la pose de 10, 20 voire 30 cm de laine de verre sur les murs intérieurs et sous la toiture, ainsi que l'adoption de menuiseries doubles vitrages. Le niveau de performance obtenu permet à l'ensemble de briguer une certification Cerqual et un label BBC-Effinergie (y compris BBC-Effinergie Rénovation pour les parties réhabilitées) : les bâtiments consommeront environ 65 kWhep/m²/an.

 

La cuve de 3,2 tonnes de propane, enterrée entre les bâtiments existants et les maisons neuves, assurera environ un an de consommation. L'approvisionnement, par TotalGaz, reviendra à environ 800 €/tonne grâce à un prix de gros négocié par le bailleur social qui l'utilise sur trois de ses opérations. Une solution plus onéreuse que le gaz naturel mais qui ne nécessite pas de raccordement au réseau de distribution et qui permet un stockage de l'énergie. "Le coût estimatif est de 16 € par an et par mètre carré pour le chauffage", déclare Françoise Quintin qui insiste sur les trois aspects de l'opération : efficacité énergétique, optimisation des consommations et confort des futurs locataires.

 

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