La Fondation Excellence SMA a remis lors du salon Batimat le 8 novembre dernier, ses Trophées Thèses 2017. Ils récompensent des travaux de recherches scientifiques et universitaires dans le domaine de la pathologie du bâtiment et des travaux publics. Découvrez les lauréats et leurs travaux.

Maithan Alwash, Astrid Billion, Anne Hallonet et Julie Avons-Bariot : retenez le nom de ces jeunes gens, car leurs travaux respectifs font avancer la recherche sur la pathologie des bâtiments et des travaux publics. Passionnés et passionnants, ce sont en effet les lauréats des trophées Thèses 2017, organisés par la Fondation Excellence SMA, dont le palmarès a été dévoilé à l'occasion de Batimat, le 8 novembre dernier.

 

Maithan Alwash, d'origine irakienne, lauréat OR, a terminé sa thèse en mai dernier à l'université de Bordeaux. Sa thèse porte sur une "Nouvelle méthodologie d'évaluation de la résistance en compression." Dans le bâtiment existant, notamment après des dommages ou lors de dégradations de fatigue, le diagnostic est primordial. "Entre l'incertitude sur la fiabilité des données non invasives (rebond par exemple) et les coûts engendrés par les carottages, il faut trouver un équilibre, nous explique Maithan, ma thèse propose une méthode d'évaluation plus fiable de la résistance mécanique du béton in situ", avec une méthodologie d'approche statistique nouvelle. "L'avantage d'une telle approche est qu'elle permet de construire une base de données synthétiques pour simuler différentes configurations et d'estimer l'erreur de prédiction et par conséquent d'évaluer la qualité de la stratégie", précise ainsi le résumé disponible.

 

Astrid Billon, lauréate Argent, propose quant à elle une "Méthode d'évaluation non-destructive de la qualité du collage des composites de renforcement pour le génie civil", une thèse effectuée en décembre 2016 à l'université Paris-Est. Dans le secteur du génie civil, le renforcement structural et la réparation des ouvrages en béton se fait par collage de matériau composite (polymère renforcé de fibres de carbone) directement sur le béton. Astrid, qui travaille désormais chez EDF à la modélisation numérique, développe ainsi dans sa thèse une méthode non-destructive de vérification in-situ de l'état du collage, pour garantir ses propriétés d'usage dans le temps. "C'est important de récompenser les travaux expérimentaux", nous dit-elle, afin de les faire connaître et encourager la recherche.

 

Innovation dans les matériaux et les méthodes innovantes

 

La thèse d'Anne Hallonet, lauréate Bronze, réalisée en juillet 2016 à l'Université de Lyon, porte sur "Développement et caractérisation d'un matériau composite à base de fibres de lin - Application au renforcement de structures en béton par collage interne." Pierre Esparbes, directeur général délégué de SMA a salué ce travail, "qui est un signe très positif d'encouragement" pour la recherche sur les applications de ce matériau. La lauréate travaille désormais chez Bostik.

 

Enfin, une mention spéciale a été délivrée, non pas sur une thèse cette fois, mais sur un travail réalisé dans le cadre d'un Diplôme de Spécialisation et d'Approfondissement en Architecture de Terre crue, par Julie Avons-Bariot, au laboratoire Craterre, à l'ENSA de Grenoble. Intitulé "Au pied du mur, l'architecte expert du bâti ancien en pisé", ce travail a abouti à l'ouverture d'une agence spécialisée, baptisée Osmia architecture, en septembre 2016, sur cette problématique essentielle d'un nécessaire diagnostic éclairé et adapté aux spécificités de ces bâtiments anciens, présents notamment en Auvergne et Rhône-Alpes. Un travail de qualité et d'importance, comme l'a rappelé Philippe Estingoy de l'AQC, lors de la remise du prix.
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