COP 21. La ministre de l'Ecologie et ses homologues de 18 autres pays du globe ont lancé, avec soixante organisations internationales, une ''Alliance globale pour les bâtiments et la construction'' afin d'accélérer le déploiement de solutions durables. Le but : réduire les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050.

Pas moins de 19 pays et 60 organisations se sont donné rendez-vous à Paris pour lancer une initiative planétaire : dans le cadre de la COP21 et de la lutte contre le réchauffement du climat, Ségolène Royal a annoncé la création de l'Alliance globale pour les Bâtiments et la Construction. "C'est un moment important qui répond à un enjeu crucial", a déclaré la ministre, annonçant qu'il fallait faire un saut qualitatif et technologique pour bâtir zéro carbone. "C'est une chance pour le secteur du bâtiment de créer de l'activité pour les grandes, moyennes et petites entreprises, pour les artisans, à condition que les choses aillent vite", a-t-elle poursuivi.

 

Généralisation du bâtiment positif

 

L'Alliance, qui rassemble des pays (Allemagne, Autriche, Brésil, Cameroun, Canada, Finlande, France, Indonésie, Japon, Mexique, Maroc, Norvège, Sénégal, Singapour, Suède, Tunisie, Ukraine, Emirats arabes unis, Etats-Unis) aussi bien que des villes, des ONG, des institutions et entreprises publiques ou privées, s'attachera à réduire l'empreinte écologique de la construction. Car, à l'échelle mondiale, le bâtiment consomme 1/3 de l'énergie et rejette 1/3 du CO2. Dans son discours, la ministre française a appelé à la généralisation des bâtiments à énergie positive ainsi qu'à la rénovation de l'existant. "Il faut mettre l'accent sur les financements pour déclencher d'immenses chantiers", a-t-elle précisé. Ségolène Royal a souligné l'importance de la lutte contre l'artificialisation des sols, de la reconquête des espaces naturels sur la ville, de l'utilisation de matériaux locaux et renouvelables (bois, chanvre, terre crue…) ou du développement de l'économie circulaire.

 

Ibrahim Thiaw, directeur exécutif adjoint du programme des Nations Unies pour l'Environnement, explique : "En 2050, les villes abriteront 70 % de la population mondiale, ce qui aura des conséquences sur le climat. Il faut réduire les émissions des bâtiments et constructions et limiter les déchets en réutilisant les matériaux". D'après des calculs, la généralisation des édifices à énergie positive pourrait éviter le rejet de 3,2 milliards de tonnes de CO2 d'ici à 2050. Les investissements nécessaires seront lourds : plus de 200 milliards d'euros par an en 2020, soit une augmentation de 50 % des fonds alloués aux bâtiments performants par rapport à 2014. Cependant ce montant ne représente que 4 % du montant dépensé annuellement dans la construction mondiale (7.800 milliards d'euros) alors que les retours sur investissement pourraient être supérieurs à 124 %.

 

Décarboner l'économie

 

Philippe Benoit, de l'AIE, explique : "L'efficacité énergétique est un instrument essentiel pour décarboner l'économie". Outre ce levier, l'Alliance globale s'occupera également de verdissement de la chaine de valeur, d'intelligence dans les bâtiments et réseaux, de financements et de production d'énergies renouvelables délocalisées. Cinquante villes mondiales sont d'ores et déjà impliquées comme Mexico.
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