Optimiser l’organisation de la ville, réduire les inégalités sociales et développer l’attractivité économique de ses territoires : tel est le défi que s’est lancée la commune de Melun avec le projet urbain Oxygène. La ville de 37.8000 habitant, préfecture de Seine-et-Marne, au sud-est de Paris, veut améliorer les conditions de vie de ses habitants et valoriser son territoire à travers une série d’opérations à un milliard d’euros, s’étalant sur dix ans. Lors de la présentation du projet à l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) en 2008, le maire, Gérard Millet, expliquait que cet ambitieux projet visait à «changer en profondeur l’image, réelle et/ou ressentie des quartiers et à développer de nouveaux pôles d’activité et de vie» à Melun.
La ville est en effet inscrite, depuis la fin des années 1980, dans les dispositifs d’Etat «permettant de corriger les effets négatifs des politiques d’urbanisation des années 1950 à 1970», rappelait-il. A l’heure actuelle, cinq quartiers nord classés en Zone urbaine sensible abritent 60% des Melunais, sur seulement 15% du territoire. Le programme de rénovation urbaine, qui répond aux critères d’éligibilité de l’Anru, concerne directement quatre de ces quartiers : le Plateau de Corbeil, Montaigu, les Mézereaux et l’Almont, soit 19% du territoire et un habitant sur deux. Pour Gérard Millet, «repenser l’aménagement de la ville nous engage à tisser un lien encore plus étroit et indispensable entre l’urbain et l’humain. Notre priorité est l’articulation et l’équilibre des différents secteurs, laquelle passe nécessairement par la rénovation sociale et urbaine des Hauts de Melun, mais aussi par une mutation en profondeur du territoire».
Un prix pour l’éco-quartier
Les concertations sur ce PRU réunissent la ville et ses maîtres d’ouvrages notamment les bailleurs sociaux, mais aussi un collectif d’habitants désignés Maîtres d’usage. Sur le plateau de Montaigu, qui constitue le dernier espace urbanisable de la ville, les travaux doivent commencer en 2011. Ils comprendront la création d’une déviation de la rocade, puis la transformation de l’actuelle RD605 en boulevard urbain sur lequel circuleront les transports en commun en site propre. Sur la zone de la Plaine de Montaigu doit aussi naître un éco-quartier, dont le projet a d’ailleurs été récompensé par le prix micro-environnement décerné par National geographic channel, notamment pour avoir inclus les bâtiments BBC. Egalement à l’étude, un corridor écologique doit être mis en place par le Museum national d’histoire naturelle au nord de l’agglomération.
Du côté de l’habitat, le projet prévoit la démolition et reconstruction de 444 logements sociaux. De plus, 56 logements en accession sociale et 397 logements privés verront le jour, et le projet planifie sur les cinq années à venir la réhabilitation de 1.701 logements ainsi que 1.909 résidentialisations. La résidentialisation vise à intervenir sur la définition des espaces extérieurs et leurs statuts, mais aussi de faire évoluer les comportements des habitants, en les responsabilisant par rapport à leur habitat via l’amélioration de leur cadre de vie. Le PRU, qui est engagé sur cinq ans, s’élève à 196 millions d’euros, financés à 10% par la Ville et 90% par les partenaires (Etat, l’Anru, Conseil régional, Conseil général et communauté d’agglomération Melun Val de Seine). Ces réalisations doivent permettre de désenclaver et rendre attractive la partie nord de Melun, pour réduire d’écart avec la partie sud.
Le cœur de la ville n’est pas en reste, puisqu’une étude sur cette zone est actuellement en cours afin de repenser l’aménagement des places importantes du centre afin de rendre les commerces plus attractifs. Le pôle gare, qui reçoit chaque jour 22.000 passagers empruntant la ligne Melun/Paris, doit également être réaménagé, et les entrepôts situés à proximité seront démolis pour valoriser les activités jouxtant la gare jusqu’aux berges de la Seine.